L'Étrangleur d'Édimbourg

Ian RANKIN

Livre de poche, 2004



Personne n'a idée de tout ce qui peut se passer à Edimbourg, la plus pittoresque des villes écossaises. A Edimbourg, la ville qu'aime tant l'inspecteur adjoint John Rebus, un cinglé sème la panique. Deux fillettes ont été enlevées et étranglées. Et voilà que maintenant une troisième a disparu !... John Rebus, quinze ans de police, un mariage raté, une gamine innocente tiraillée entre ses parents divorcés, est l'un des nombreux policiers chargés de l'enquête. Ce quadragénaire qui fume et boit trop n'a pas réglé tous les problèmes avec son passé. Il est toujours hanté par son passage dans l'armée... "Et ces cris qui lui revenaient en mémoire !..." C'est alors qu'il commence à recevoir des messages sibyllins. Les enveloppes contiennent également des noeuds ou des croix, fabriqués avec des bouts de ficelle et des allumettes. "Le travail d'un petit plaisantin, un genre de canular", pense-t-il tout d'abord... N'y a-t-il pas plutôt un lien entre les messages et chaque enlèvement de fillette ? "C'est trop gros pour être une coïncidence !"... Rebus a peut-être en main les pièces d'un puzzle... que lui seul peut résoudre...

"L'Etrangleur d'Edimbourg" - traduction très "libre" de "Knots and Crosses" - est le premier roman de l'excellente série mettant en scène l'inspecteur John Rebus qui apparaît dans près d'une douzaine de titres. La moitié seulement de ces ouvrages - hélas ! - ont jusqu'à présent été traduits en France. "L'Etrangleur d'Edimbourg" (1987) est certes loin d'être le meilleur de la série, même si l'intrigue se révèle solide. Ian Rankin se cherchait encore... Mais déjà cette première enquête de l'inspecteur Rebus est efficacement menée. "L'Etrangleur d'Edimbourg" constitue un premier roman sombre, lucide, réaliste, déjà solidement abouti. On y rencontre des personnages attachants parce que vrais, la palme revenant bien sûr au héros de cette remarquable saga, l'inspecteur John Rebus dont la personnalité complexe et tourmentée est l'un des intérêts majeurs des différents romans. "Bourru, obstiné, inquisiteur mais non violent, cet inspecteur de la ville d'Edimbourg est une sorte de Maigret qui serait issu de la génération des Rolling Stones" (voir le "Dictionnaire des littératures policières", sous la direction de Claude Mesplède). "T'es vraiment déjanté, comme mec", lui dit son amie Gill Templer. Déjanté ? Cet inspecteur qui lit volontiers la Bible est tout simplement "un croyant en marge de sa religion" (p. 95), un solitaire par choix et par tempérament, un homme qui rejette son passé "car il y a peut-être quelques squelettes dans le placard !"... Autre intérêt non négligeable de "L'Etrangleur d'Edimbourg" et des autres romans, la ville d'Edimbourg que Ian Rankin connaît parfaitement. L'auteur ne nous parle pas simplement de la cité que les touristes ou les visiteurs occasionnels peuvent voir. Il nous fait découvrir les côtés peu reluisants d'Edimbourg "la schizophrène", "la ville de Jekyll et Hyde" (p. 246).

Ian Rankin, "le chroniqueur social d'Edimbourg et de l'Ecosse", est considéré, à juste titre, comme l'un des grands du nouveau polar britannique - certains n'hésitent pas à le placer numéro un ! -, comme l'un des spécialistes du roman de procédure policière.

James Ellroy dit de cet auteur de premier plan, aux romans de plus en plus achevés et ambitieux, qu'il est "le maître du noir à l'écossaise". On peut lui faire confiance !

MGRB

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