L'Affaire du voile

PETILLON

Albin Michel, 2006
12,50 euros



La jeune Lucie a disparu et ses parents ont engagé le privé Jack Palmer pour mener l'enquête. Ses premières investigations le mènent droit vers le milieu musulman fondamentaliste : Lucie se serait convertie à l'Islam, porterait le voile et se ferait appeler Yasmina Fatwa...
Je n'ai pas lu L'enquête corse, sans doute parce que je me fiche comme d'une guigne du " problème " en question. C'est même avec un a priori plutôt négatif (la figure obsédante de Christian Clavier n'arrangeant pas les choses, puisque j'ai par contre fait l'erreur de regarder le film à la télévision) que j'ai commencé la lecture de cette treizième enquête de Jack Palmer. Heureuse surprise : j'ai été immédiatement séduit. Point de clichés faciles ni de lourds parti pris politiques ici : l'humour de Pétillon est au contraire très fin, emprunt d'une certaine tendresse pour ses protagonistes, et, il faut bien le dire, très efficace ! Cet homme a l'art de dédramatiser les situations les plus délicates et nombreux sont les passages franchement hilarants. Si les intégristes sont évidemment clairement visés, il le fait sans malveillance, en s'intéressant davantage au mal-être des fidèles que " les barbus ", comme il les appelle, agressent en permanence. Pétillon arrive même à présenter les islamistes avec une certaine indulgence, comme s'il s'agissait de grands enfants irresponsables, au point que l'on en vient à se moquer gentiment d'eux, sans haine aucune, avec juste un tantinet de dédain tout de même... Véritable dialogue de sourds, le dernier échange entre les deux imams (l'un prônant la tolérance, l'autre une lecture littérale du Coran, jusqu'à l'absurde), est en ce sens particulièrement savoureux. " Ca va s'arranger ", commente l'oncle. " Ca risque de prendre pas mal de temps ", conclue la mère. Oui, sans doute. En attendant, cet album est très réussi, fera rire ou grincer des dents, selon le cas, et l'on espèrera juste qu'il sera, lui, épargné par l'industrie cinématographique...

Mikael Cabon

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