Car je suis légion

Xavier MAUMEJEAN

Mnémos, 2005
coll. Icares, 19,00 euros



Dans l'antique Babylone, Sarban fils de Dagan, " accusateur " de son état, c'est-à-dire à la fois juge et jury, gardien de l'ordre et de la sécurité voit son destin basculer en même temps que celui de ses concitoyens le jour où les puissants et les religieux décident de laisser libre cours à l'anarchie. Marduk, le dieu des dieux est fatigué. Il ne peut plus veiller sur les hommes, lesquels doivent désormais se débrouiller sans lui. Les accusateurs n'ont dès lors plus qu'une seule mission : protéger le temple de Marduk. Tous les crimes, quels qu'ils soient, restent impunis. Pourtant, témoin d'un meurtre, Sarban ne peut se résoudre à ne pas mener l'enquête, dans un contexte particulièrement périlleux...

C'est dans un univers vraiment original et méconnu que nous emmène cette fois Xavier Mauméjean : la Babylone de 565 avant J.C. Passées les premières hésitations face à une terminologie et une cosmogonie particulières, le lecteur se laisse rapidement emporter par le récit, passionnant d'un bout à l'autre. Les personnages sont sympathiques et cette histoire de complot dans les hautes sphères de l'appareil religieux et administratif de Babylone s'avère prenante, même si elle n'a en elle-même que peu d'originalité. L'on pourra regretter un ou deux clichés, notamment cette haine viscérale que se vouent Sarban et Haraïm dès leur rencontre, en raison de leurs origines sociales, mais c'est un détail. Plus généralement, l'on reste malheureusement un petit peu sur sa faim en ce qui concerne le contexte historique du roman. A trop s'attacher à ses personnages, le récit manque peut-être du souffle épique qui aurait pu lui donner la force du mythe auquel son thème le destinait pourtant.
Car je suis légion reste néanmoins un très bon roman qui confirme, s'il en était encore besoin, le talent de conteur de Xavier Mauméjean.

Mikael Cabon

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