En quête d'éternité

Greg BEAR

Presses de la Cité, 2004



Hal Cousins est un scientifique de grande envergure. Depuis des années, il se passionne pour l'une des plus anciennes quêtes de l'humanité : repousser les limites de la mortalité, éviter la vieillesse qui débilite le corps et l'esprit. Il étudie le vieillissement cellulaire par le biais de l'analyse des paléo-bactéries. Il est convaincu que ces dernières, en investissant les cellules des premiers invertébrés il y a des milliers d'années, ont contaminé les noyaux de leurs h^tes et y ont introduit la programmation de la mort cellulaire, et donc celle de leurs lointains descendants, les êtres humains. Ses recherches vont l'amener à croiser un autre groupe de scientifiques qui étudie lui aussi la symbiose particulière des bactéries commensales du corps humain et de leurs différents sites d'élection, en particulier l'intestin. Bientôt, l'horrible évidence s'impose : ces savants fous, nouveaux Mabuse, ont trouvé le moyen d'asservir totalement les individus en leur faisant ingurgiter des bactéries " programmantes ". Le prince Hal perdra dans l'aventure tout ce à quoi il tient : réputation, richesse, illusions, santé mentale... Et quel rôle joue dans tout cela Rob, le frère jumeau maudit de Hal, censément mort et qui faisait les mêmes recherches ?

Vous trouvez cet exposé des faits un peu obscur ? Ne vous méprenez pas, il a été simplifié. On pourrait dire à propos de la progression de l'intrigue que le mystère s'épaissit à mesure que les brumes se dissipent. L'auteur lui-même s'y perd, d'ailleurs, comme il l'avoue page 444 : " je reste dans l'impossibilité de retrouver tous les fils et de définir qui les tire, ni quand ". Ce n'est pas très grave au demeurant, si on ne s'est pas laissé rebuter par d'évidentes erreurs de construction du récit, le manichéisme de l'intrigue, une maîtrise discutable du suspense, un style peu intéressant et les geignements continuels du héros... La fin, du plus complet ridicule, fera vite oublier cet ouvrage sans importance et donnera d'autant plus envie de se plonger dans la Suède tourmentée de Ake Edwardson, le meilleur polar de ces six derniers mois.

Marion Godefroid-Richert

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