Les Gardiens d'Aleph-deux

Colin MARCHIKA

Mnémos, 2004
19,00 euros



Dans un futur proche, la conquête de l'espace voit s'affronter les académies Daxiang (pour la Chine) et Tsiolkovsky (pour l'Amérique, l'Europe et la Russie) mais la recherche piétine. L'Académie Daxiang a certes enregistré d'importants progrès dans son étude de la vitesse de la lumière mais est encore bien loin de propulser un vaisseau à cette vitesse. C'est alors qu'interviennent les frères Hendricks, deux génies chacun dans leur domaine, qui ouvrent les portes de l'Espace Second, ou Aleph-un, et démontrent par les mathématiques que rien ne sert d'essayer d'atteindre la vitesse de la lumière quand il suffit de plier l'espace pour atteindre en quelques jours n'importe quel point du cosmos. C'est le début d'une nouvelle ère pour l'humanité qui a désormais accès à toutes les ressources minières de l'univers. Mais les voyages en Aleph sont loin d'être de tout repos et plus les recherches avancent, plus les dangers liés à ces déplacements se précisent...

Sur une idée de départ proprement géniale, Colin Marchika nous offre ici un roman très bien construit, fort de personnages foisonnants et surtout d'une grande originalité. Malheureusement, après une première partie palpitante qui met l'eau à la bouche du lecteur et lui donne envie de suivre les péripéties des explorateurs des Alephs, l'auteur dévie sur un long compte-rendu des luttes de pouvoir et stratégies internes opposant l'Académie Tsiolkovsky et le consortium minier FeCoNiCuZn, dont l'on se lasse, il faut le dire, assez vite. Il faut attendre la fin du roman pour revenir enfin aux Alephs et en savoir un peu plus sur leur nature, mais si peu ! L'on aurait tellement voulu en apprendre plus sur ce phénomène que c'en est frustrant. Une suite, un jour, peut-être ? Les Gardiens d'Aleph-deux n'en reste pas moins un très bon roman entre fresque historique et épopée scientifique où le côté Hard-Science du propos reste suffisamment maîtrisé pour ne pas noyer le lecteur et, au contraire, ouvrir son imaginaire à la rêverie. Un livre qui donnerait - presque - envie de se remettre aux maths ! A noter, enfin, la superbe illustration de Manchu.

Mikael Cabon

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