La main gauche de la nuit

Ursula LE GUIN

Livre de poche, 2006
Coll. SF, 350 pages, 6,95 euros
Traduit de l'anglais. Réédition d'un roman paru en 2000 aux éditions Robert Laffont.



Un envoyé de la Terre débarque sur Gethen, une planète glacée que les Hommes d'expéditions précédentes ont baptisée Hiver. Son vaisseau est plus ou moins accidenté, il n'est plus autonome. Il est accueilli dans la capitale d'une contrée dominée par un roi fou et une nomenklatura arriviste et courtisane. Accueilli, oui, avec beaucoup de méfiance. Un accueil qui peut à tout moment se terminer en prison. Il lui faudra d'ailleurs fuir le royaume et se réfugier dans l'autre région de la planète, qui possède ses propres codes. Des mésaventures l'attendent là aussi.
Le récit, bien mené, comporte un côté psychologique important et inattendu, nourri par la particularité sexuelle des Getheniens : ils sont à la fois hommes et femmes, physiquement et psychologiquement. Sans entrer dans les détails, sachez que, pendant un cycle sexuel d'une trentaine de jours, les sujets sont " soma " pendant 21 à 22 jours, en état de latence sexuelle totale. Puis ils entrent en " kemma ". Imaginez ce qui peut leur arriver. En tout cas, on peut être père, puis mère, encore père... L'organisation sociale est profondément marquée par ce phénomène, et notre envoyé terrien apparaît à beaucoup comme un monstre, capable d'entrer en érection n'importe quand !
Le récit est à plusieurs voix : le narrateur peut être l'homme, mais aussi tel ou tel personnage gethenien. Cela permet au lecteur de confronter les points de vue des uns et des autres, d'assister aux mêmes scènes avec des angles différents. L'auteur nous guide dans un monde étrange et passionnant.

Alain Cariou

partager sur facebook :