Ex abrupto

Manu LARCENET

Les Rêveurs, 2005
Coll. On verra bien..., 20,00 euros



Autant le dire tout de suite : ça na va pas être facile. De vous raconter. De vous orienter. De vous donner envie. L'objet laisse perplexe. C'est loin d'être la première oeoeuvre de l'auteur chez cet éditeur, et si on connaît les autres on sait un peu à quoi s'attendre : du sombre, voire du traumatique. Mais là on ne boxe carrément plus dans la même catégorie...
Comment vous résumer l'histoire ? C'est d'autant plus difficile que les centaines de dessins qui la composent sont dépourvues du moindre phylactère. Histoire sans parole donc.
Livrée à l'appréciation du lecteur donc. Avec sa part personnelle d'imagination, voire de phantasme. En gros, à la louche, il y a l'agonie, la mort, l'art dévorant, la critique d'une société industrielle en fin de course, les admirateurs cannibales, et dans tout ça (sans exhaustivité) un tout petit peu d'espoir. Le dessin est brut de décoffrage, le trait maladif et fiévreux. On y sent comme une urgence. On y sent l'insomnie vicieuse qui rend hagard à quatre heures du matin, l'angoisse existentielle de l'hypersensible que tout agresse, les autres, la vie, le bonheur comme les tracas. Dans le troisième tome du retour à la terre, on apprend que lors de la grossesse de la compagne de M.L. ce dernier dessinait trois albums en même temps, on peut raisonnablement penser que celui-ci en fait partie. Mhh... Ca c'est du stress de paternité ! ! (enfin on peut penser). Mais bon, on ne va pas se lancer dans de la psychologie de comptoir à la petite semaine. Il faut juste dire et redire que c'est du noir très très noir. Et que c'est dur de dire si on aime ou on déteste. Mais que ça peut également laisser vaguement indifférent...

Marion Godefroid-Richert

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