Et si un jour, la terre... (Jeremiah : 25)

HERMANN

Dupuis, 2004
Collection Repérages



Jeremiah et Kurdy sont encore sur les routes, perdus au milieu du grand nulle part d'un monde post-apocalyptique sauvage, violent et délétère. Alors qu'ils sont bloqués en pleine tempête par un pont écroulé dans un paysage de cauchemar, en fait une forêt pétrifiée, et le manque d'essence pour alimenter leurs bécanes en panne sèche, ils sont surpris dans une dispute par un inconnu qui leur propose de l'essence en échange de leur aide. En effet, cet homme, Percy, et ses amis Feona, Lley et Hen semblent poursuivis par cinq tueurs qui descendent petit à petit tous les membres de la troupe. Jeremiah et Krudy acceptent d'escorter le convoi. Aucune question de leur part ne sera tolérée. Mais il semble qu'une mystérieuse jeune femme est retenue contre son gré dans l'une des voitures. Le convoi progresse fort lentement. Après plusieurs heures de cheminement, un singe apparaît au milieu de nulle part. Et quand Lley lui tire dessus, c'est la nature toute entière qui répond à l'agression. Que se passe-t-il vraiment avec cette inconnue ? Que représente ce singe ? Et comment expliquer les réactions agressives de la nature environnante ?

Cela commence comme une fable écologique ; en fait, il n'en sera rien car l'album demeure avant tout une BD d'aventure, un road movie en forme de thriller fantastique un tantinet inquiétant mêlant mystère et aventure. Mais rien de très étonnant là-dedans, rien d'excitant, rien de transcendant, rien qui titille l'intérêt et rien qui pourrait relancer la série. Au coeoeur d'éléments qui d'heure en heure deviennent de plus en plus hostiles, directement confrontés à la folie des hommes, le taciturne Jeremiah et son copain volubile Kurdy tentent de survivre entre les feux croisés de deux bandes armées rivales et d'échapper à une ancienne connaissance de Jeremiah bien décidée à se venger de lui. Cela ronronne doucement : on ne s'ennuie pas, Hermann a de la bouteille et un savoir faire incontestable. L'intrigue baigne certes dans une atmosphère fantastique pour le moins inquiétante, mais elle sonne creux. On ne vibre ni ne frémit pas vraiment non plus. Ce qui fait l'intérêt de l'album, c'est la richesse du dessin qui, en dépit du temps, n'a pas pris une ride, et son traitement à l'aquarelle. Du Hermann pur jus et de belle qualité. Le dessinateur manie la couleur directe avec un talent rare. Un vrai plaisir pour les yeux.

Plaisant, mais sans plus. Hermann ici n'est guère inspiré...

MGRB

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