Zhong Guo

Yves H., HERMANN

Dupuis, 2003
Collection Aire Libre



Nous sommes à Pékin, en Chine populaire, dans un futur plus ou moins proche ; cette histoire se développe dans un contexte diplomatique tendu car on est paraît-il à quelques jours d'accords commerciaux très importants. Un agent américain d'origine chinoise, Wang Li Fang, semble détenir des informations capitales stockées informatiquement dans son cerveau. Il est poursuivi par les services secrets chinois, puis récupéré par la CIA, elle-même en relation avec un mafieux local répondant au nom de Dwight L. Whaley dit "le Chinois"... Les services secrets chinois réapparaissent et, cette fois, Wang Li Fang doit son salut à l'intervention d'agents de l'ambassade des Etats-Unis. Pour sa sécurité - et celle des informations dont il est le dépositaire - il est "bouclé" dans une cellule de l'ambassade, et l'agent Ditto est tout spécialement chargé de veiller sur lui car les autorités américaines craignent une tentative d'enlèvement lors du prochain bal de l'Independance Day prévu dans les tout prochains jours, le 4 juillet pour être précis...

Côté graphisme, rien à redire, c'est du Hermann pur jus, reconnaissable au premier coup d'oe'oeil, un dessin réaliste au style très identifiable : un crayonné précis - pas d'encrage, donc ! - associé à une mise en couleur directe à l'aquarelle ou aux encres. Hermann n'utilise pas une large palette de couleurs ; il se limite à une gamme assez réduite - bleu, gris, ocres - employée selon la technique du camaïeu, c'est-à-dire qu'il joue sur toute la transparence de l'aquarelle pour travailler ses lumières. La mise en scène est toujours très efficace, spectaculaire, très cinématographique. Côté scénario, Yves H., fils d'Hermann, ne convainc pas totalement. Il signe un thriller d'anticipation planté dans une Chine populaire futuriste certes, mais pas tant que cela, qui oscille entre tradition et modernité et qui tente de réaliser son émancipation économique et politique. L'histoire est somme toute assez classique, mais on ne connaît ni l'enjeu ni la finalité de l'action et le mélange espionnage - technologie - clonage humain demeure plutôt confus. Cela dit, l'intrigue est bien menée. Elle fonctionne telle une mécanique bien huilée sur une situation que l'on ne comprend pas bien, elle ménage son lot de scènes d'action. Elle est cependant animée par des personnages pour le moins troubles, peu sympathiques et auxquels il est bien difficile de s'attacher. Rien de désagréable, mais pas de réelles surprises et rien non plus de suffisamment percutant pour vraiment retenir l'attention du lecteur. Dommage !

Un album qu'on lit néanmoins sans déplaisir, ne serait-ce que pour la qualité du dessin d'Hermann.

MGRB

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