Le chant du Drille

AYERDHAL

Au Diable Vauvert, 2003



L'action du roman se déroule dans le futur, un temps où l'espérance de vie humaine a été plus que doublée et où les humains ont depuis longtemps quitté leur planète originelle pour essaimer et coloniser d'a'utres systèmes planétaires regroupés en une fédération politiquement stable. Depuis quelques années, des colons humains s'emploient à exploiter les ressources de Taheni, planète paradisiaque et enchanteresse située aux confins de la fédération homéocrate et sur laquelle s'est développé un écosystème particulier avec faune et flore adaptées. Ils le font hélas sans trop se soucier de respecter l'environnement, ce qui menace gravement l'équilibre écologique de la planète. Alertée par un ami écrivain résidant sur Taheni et qui a disparu depuis dix ans, Lodève, inspectrice générale des colonies, vient enquêter sur les suicides publics et collectifs, aux portes des villes et des villages érigés par les colons, des drilles, sortes de lémuriens humanoïdes ordinairement d'un naturel joyeux et dont les chants sont d'une beauté confondante... Suicides qui du reste ne sont pas sans conséquences néfastes sur le moral des colons. S'agit-il là d'un phénomène cyclique dû à une surpopulation ou du prélude à un désordre écologique qui remettrait en cause l'exploitation humaine de la planète ? C'est ce que Lodève s'attache à découvrir...

Linéaire et rythmée, non dénuée de poésie, l'intrigue de ce roman retient l'attention du lecteur dès les premières pages et la soutient tout au long d'un récit que certains jugeront peut-être un peu trop court, estimant que l'univers et les très nombreux personnages - l'expansion et la commission par exemple - auraient mérité de plus amples développements. Les lois homéocrates proscrivent la colonisation des mondes peuplés d'êtres intelligents et préservent du génocide ces populations. Intelligente et attachante, Lodève va donc s'employer à décrypter l'énigme que représentent les drilles, enquêter sur la disparition de Vernang Lyphine, l'écrivain qui s'était attaché à étudier ces créatures pour le moins fascinantes, et sur la corruption qui sévit au sein de la société des colons tahenites... Fluide et limpide, l'écriture est plaisante et des plus agréables. Tout cela contribue à faire de "le chant du Drille" un excellent premier roman à tendance écologique qui se lit d'une seule traite et dans lequel bon sens et bon droit finissent par triompher. Une bouffée d'optimisme qui ne peut que faire du bien !

Un bonheur de lecture à ne surtout pas se refuser.

MGRB

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