Les Martiens de Marseille

Maurice GOUIRAN

Jigal, 2003



Un ex-journaliste de quarante ans qui s'est mis au vert, Clovis Narigou, se met en tête d'élucider le mystère qui entoure le décès du colonel André Masquinet, père de la petite amie de son fils, mort au feu au cours d'un énorme incendie qui cernait Marseille, en fait tué par balles. Une enquête qui part de Marseille et l'entraîne vers des lieux aussi divers et variés que Venise où un chercheur s'intéressant à des tableaux vénitiens datant du XVIe siècle est mort dans les mêmes conditions, la Haute Egypte où il en est allé de même pour un archéologue, l'île de Batz, en passant par New York. Sur fond d'incroyables et fort étranges découvertes telles que des témoignages artistiques de rencontres du troisième type ou des hélicoptères figurant sur des bas-reliefs mortuaires égyptiens, Clo le Marseillais va découvrir une bien triste histoire composée d'amour, de drogue et de petits Martiens...

Les éditions Jigal se font une spécialité des auteurs provençaux amoureux de leur terre méditerranéenne et au parler fleuri. Tout comme Gilles Del Pappas, et pour le plus grand plaisir des lecteurs, Maurice Gouiran qui nous propose ici un cinquième roman non dénué d'un humour réjouissant illustre parfaitement ce parti pris éditorial. De son héros émane un charme de baroudeur romantique qui ne s'en laisse pas compter. Les discussions philosophiques autour du pastis aromatisé au sirop d'orgeat - les divines mauresques du beau bar - sentent le vécu du pilier de bistrot, et les descriptions des chèvres du Rove, rouges et noires, s'entourent de nostalgie. On passera sur une intrigue tarabiscotée moyennement intéressante mais distrayante et jamais ennuyeuse pour s'attarder sur les visites de lieux exotiques tels Rome (!) qui sont d'une gourmandise réjouissante. A lire donc, ne serait-ce que pour avoir l'impression d'être surtout à table assis à boire, deux cent quarante-huit pages durant, en se posant des questions existentielles sur la probabilité du postulat de départ : des peintres du XVIe siècle ont-ils réellement vu des soucoupes volantes ?

Une agréable détente. Quelques moments jubilatoires dans une histoire pleine d'humour mais dont le dénouement s'avère bien sombre.

Marion Godefroid-Richert

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