Corps sonores

Julie MAROH

Glénat, 2017



L'amour, c'est pas que Ken et Barbie, blancs et propres sur eux. L'amour, c'est aussi destiné aux fainéants, aux crasseux, aux alcooliques... (Eh ! les vieux ! ça, c'est du Coluche de 1980 dans le texte.)

A Montréal, la ville bruisse chaque 1er juillet des déménagements rituellement organisés à cette date sous une température qui n'encourage pas toujours les efforts physiques. L'album est une véritable palette des amours montréalaises. Celles des homos, des trans, des handicapés, des malades.... Bref, ceux que l'on ne raconte que rarement, tant ils sont loin de Roméo et Juliette.

J'ai aimé la variété des situations mais aussi quelques unes des réflexions piquées dans la tête des amoureux : "moi qui suis lesbienne, je me suis sentie garçon en draguant ce gars", "des gens réussissent sans costume", "ostie, mon amour avec vous, c'est une insurrection contre la marde autour !", ou encore "est ce qu'on peut s'engueuler à ce point avec quelqu'un qui nous indiffère ?"

A coup de "Crisse" (un juron québécois), "il était sur la brosse" (saoul, quoi), "chum" (là, on sait), "chiller" (se relaxer), ou encore du "tabernac" bien connu, l'album se teinte de Montréal, la ville qui respire d'une vie multicolore. Trois cents pages d'amours hétéroclites. C'est pas toujours dans le meilleur, mais l'album de Julie Maroh reflète la richesses des amours, bien loin des stéréotypes, en toutes petites tranches de vie joliment illustrées.

Marc Suquet

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