L'homme qui mit fin à l'histoire

Ken LIU

Le Bélial', 2016
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre-Paul Durastanti



Un tout petit bouquin, de 106 petites pages, mais saisissant !

Pas mal, quand même, de pouvoir retourner en personne dans le passé pour constater la réalité des faits. Une limite toutefois : une seule personne peut effectuer le voyage et la période ne sera visitée qu'une seule fois. L'occasion de réexaminer l'action de l'Unité 731, créée en 1932 par les Japonais, qui se livra à des expériences sur des prisonniers chinois, lors de la période du Mandchoukouo.

Si vous ne connaissiez pas cette sympathique entité, surnommée l'Auschwitz de l'Asie, son action a eu pour conséquence l'élimination de 300 000 à 480 000 victimes, pour de pseudo-objectifs scientifiques. Ainsi l'unité a injecté le choléra à des prisonniers et en a soumis d'autres à la vivisection, à l'ébouillantage, à des pressions insupportables ou encore à des expériences de résistance à la congélation. Des salauds comme on a pu en retrouver chez les nazis, dont le Japon n'a reconnu l'existence du bout des lèvres qu'en... 2002 (!) et qui menèrent de belles carrières à l'issue de la guerre.

Le livre est très clair sur la responsabilité des bourreaux, allant même jusqu'à révéler que MacArthur a préservé les membres de l'unité de toute poursuite en échange des résultats de leurs travaux ! Il l'est également sur les témoignages des prisonniers, décrivant notamment les expériences de congélation qu'ils ont subies. Après avoir été amputés des quatre membres, ils servaient encore pour les tests d'armes biologiques ! Étonnant de lire les témoignages d'hommes de la rue, suggérant qu'il serait inutile de soulever à nouveau cette noire période de l'histoire...

Un excellent mélange des genres rassemblant science-fiction et Histoire pour la plus grande passion du lecteur, même si la description de certains travaux de l'Unité 731 (mais peut on encore l'appeler ainsi ?), est particulièrement horrible ! Un livre contre l'oubli que le lecteur aura, lui, bien du mal à oublier.

Marc Suquet

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