Un certain Cervantès

LAX

Futuropolis, 2015



On dit toujours que Shakespeare et Cervantès sont morts le même jour. Que nenni, puisque le premier est décédé un 3 mai et le second un 23 avril. Mais, en 1616, les deux nations n'utilisant pas le même calendrier, la date de leur mort était la même ! Est ce donc pour célébrer le quatre centième anniversaire de la mort de l'écrivain espagnol que sort Un certain Cervantès ?

De nos jours et dans l'ouest américain, Mike Cervantès a tout du parfait cow-boy : stetson et bottes, la clope au bec, Mike est un vétéran qui a perdu sa main en Afghanistan. En pleine révolte contre la société, il bousille une banque et finit en cabane, où il découvre l'oeuvre de son homonyme.

C'est sûr qu'à coté des Minutemen, ces miliciens frontaliers qui se donnent pour rôle de surveiller la frontière avec le Mexique et de virer tous les immigrants, Mike, c'est plutôt le justicier, le Robin des Bois US. Celui qui pourfend la censure des bibliothèques, qui corrige les baratineurs des sectes et écrabouille une salle d'enchères destinée aux spéculateurs ravis de rafler les maisons abandonnées par les propriétaires ruinés.

Carrément romantique, le héros, qui parcourt les US au volant de sa Rossinante, une Ford Mustang qui en a vu, charge les pythons rocheux de Monument Valley, comme des moulins de la campagne espagnole, aidé par un verre de trop (ou un peu plus ?) Un road-movie littéraire parfaitement servi par la complicité des deux Cervantès qui, se jouant des quatre siècles les séparant, se nourrissent des injustices qu'ils rencontrent. Un dessin noir parachève le tout : reste pas grand chose du mythique rêve américain.

Bien vu et subtil le parallèle ! Et quelle belle figure que ce Mike. Merci Monsieur Lax !

Marc Suquet

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