Mal Mené

Denis FLAGEUL

La Gidouille, 2015



"Rien n'est beau qu'un matin laïc dans la brume..." (Léo Ferré)

Mené ou Méné (monts ou landes du), hauteurs de Bretagne (Côtes d'Armor) ; 389 m. (définition du Petit Larousse illustré).

C'est dans cette région rurale et vallonnée que se rend Léo Tanguy - le cyber journaliste finistérien que l'on ne présente plus - suite à l'appel pressant et angoissé d'une amie d'enfance, Hélène Le Bahado. Ses parents, Philippe et Marie, ont péri dans l'incendie de leur maison. "On les a tués !", dit-elle. "Tout a brûlé avec eux, toute leur histoire et leurs papiers." Parmi ces papiers, des lettres anonymes de menaces reçues quelque temps auparavant. Tous deux tenaient une place essentielle dans le microcosme local. "Ils étaient sur tous les fronts, de tous les combats... Environnement, écologie, défense des plus faibles..." Hélène fait également part à Léo de la disparition mystérieuse et inexplicable de son oncle Jean, survenue il y a quelques mois...

Léo se montre plus que sceptique. La mort des parents n'est peut-être qu'un accident. C'est d'ailleurs ce que pensent les gendarmes. Quant à la disparition de son oncle, rien ne prouve qu'elle soit "anormale"... Pressé par Hélène, Léo accepte cependant de "fouiner un peu"...

C'est ainsi que débute la 19e enquête de Léo Tanguy (la 4e aux éditions La Gidouille). Son auteur ? Denis Flageul. Mal Mené est la deuxième enquête de Léo Tanguy, écrite par cet auteur (la première s'intitulait Un fils à papa chez les zonards, parue chez Coop-Breizh). Il en a parfaitement le droit ! N'est-il pas l'un des quatre fondateurs, avec Gérard Alle, José-Louis Bocquet et Sylvie Rouch, des "Enquêtes de Léo Tanguy" ?

Avec Mal Mené, Denis Flageul entraîne le lecteur dans une région dont il est originaire et qu'il connaît à la perfection - cela se sent - et qui l'a fortement inspiré. Il y emmêle "histoires présentes et passées"... Intrigue très "bien menée", péripéties multiples, personnages hauts en couleur, suspense, violence, il y a tout cela dans ce très bon polar, noir, très noir et qui aborde nombre de problèmes contemporains, tels le productivisme, l'écologie, le vivre ensemble, la religion... et dont la conclusion pourrait être la suivante : "Tout à reconstruire. Les murs, les coeurs, le monde" (p. 204).

Roque Le Gall

partager sur facebook :