Steamboat

Craig JOHNSON

Gallmeister, 2015
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides



Décembre 2014. Walt Longmire, shérif du comté d'Absaroka dans le Wyoming, est assis tranquillement à son bureau et relit Un conte de Noël de Charles Dickens. Ce petit rituel personnel, il s'y livre depuis bien longtemps maintenant. Une élégante jeune femme à la respiration sifflante, un paquet sous le bras, fait irruption dans les locaux. Elle pose des questions et souhaite voir Lucian Connally, le prédécesseur de Walt. Petit à petit se dévoile le sens de sa démarche : en 1988, elle a été victime d'un accident de voiture qui a coûté la vie à ses parents. Il s'en est fallu de peu qu'elle trépasse également. Dans la nuit de blizzard qui a frappé la région le jour fatidique, Lucian, une poignée de têtes brûlées et un vieil avion cargo de la seconde guerre mondiale lui ont sauvé la vie. Dans la nuit de l'hiver, les premiers flocons tombent tandis que resurgissent les souvenirs de ce périple extraordinaire et qu'une miraculée cherche à remercier un sauveteur récalcitrant.

Depuis le début de sa publication chez Gallmeister, on a eu largement le temps de s'attacher à Craig Johnson et à son emblématique personnage. Ouvrir un livre avec Walt Longmire c'est comme retrouver un vieil ami. Impression confirmée lors du passage de l'écrivain chez Dialogues (grande et fameuse librairie brestoise) lors de sa venue en février 2013, où les échanges avec le public avaient confirmé, en plus du talent d'écriture, la courtoisie d'un homme chaleureux et sympathique. Abordable, quoi ! Presque inutile d'ajouter alors le plaisir de parcourir une nouvelle aventure. Ici il s'agit de ce qui devait n'être qu'une nouvelle et qui est devenu au fil des pages un roman plus court que ceux habituels mais tout aussi dense. Belles descriptions mécaniques (très documentées) et péripéties climatiques s'entremêlent savamment pour tisser un récit tendu, qui tient en haleine jusqu'au bout. Joliment humain, comme d'habitude, et un peu fantastique puisque le bougre aime saupoudrer ses romans d'une petite pincée d'aide surnaturelle (mini, la pincée, juste pour parfumer la sauce). Encore une réussite, qu'on recommande. Hop !

Marion Godefroid-Richert

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