Vive la marée !

David PRUDHOMME, Pascal RABATE

Futuropolis, 2015



La plage, depuis l'arrivée à la station durant laquelle on en profite pour critiquer le gars devant qu'a un 4 x 4 (malaise quand on comprend que c'est un gars plutôt sympa qui se réjouit de voir les enfants jouer ensemble) jusqu'aux clefs de la bagnole retrouvées le dernier soir dans le sable de la plage. Une description amusante, critique, fine, acerbe, moqueuse de la France estivale, en maillot de bain.

On pourrait se croire chez les Bidochon, mais c'est beaucoup plus subtil. Dans le simple cadrage choisi par les auteurs, d'abord : on passe d'un regard à l'autre, le sujet observé devenant à son tour l'observateur. Une stratégie qui permet d'explorer le mental d'un vaste éventail de plagistes moyens : depuis le franchouillard jusqu'au baigneur BCBG, tellement supérieur au vulgum pecus, qui étale sa chair sans un minimum de pudeur. On y trouve aussi tous les comportements "plagiaux", depuis "je mate les fesses de ma voisine" jusqu'à Médor qui saute innocemment sur les baigneurs allongés, en passant par les discussions météorologiques ou la flippée du corps qui a tant de mal à se déshabiller. Bien vu, le long silence de restaurant durant lequel les convives se distraient des piétons, probablement plombés par l'absence de paroles.

Un concentré d'observations subtiles de deux gars qui ont dû passer bien du temps les fesses sur le sable. J'ai eu l'impression d'être un papillon volant au dessus de la plage et d'accumuler dans mes yeux à kaléidoscope les multiples petites scènes journalières qui composent cet univers estival.

Scénario comme dessins, franchement, j'adore !

Marc Suquet

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