La Quête de Wynne

Aaron GWYN

Gallmeister, 2015
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par François Happe



C'est en sauvant un cheval de façon héroïque que Russell se fait remarquer du "capitaine" Wynne. Il se trouve que Russell a aussi un talent inné pour le dressage et que Wynne, chef charismatique d'une unité d'élite, a besoin de lui pour dresser une quinzaine de chevaux, moyen qu'il a trouvé pour pénétrer en terrain taliban. Russell fini par faire partie de l'expédition, mais, plus il pénètre chez l'ennemi, plus les motivations de Wynne deviennent troubles.

Et non ce roman n'est pas "mauvais genre" (encore que...) ! Et alors ? Quand on a la chance de lire ce genre de livre... on ne compte pas ! Tout y est bon et beau, tout y est juste : les personnages d'abord, qui, loin des caricatures de "gros bras" sont tous animés par quelque chose de plus fort qu'eux, les chevaux ensuite, intimement liés au destin de ces combattants, et enfin les scènes de guerre, violentes, dévastatrices où l'on perd nous aussi en les lisant une petite part de nous même.

"C'est alors que la fusillade commença... Russell ne voyait pas les tireurs, mais il se mit à les haïr instantanément. C'était là une chose qui le surprenait toujours : des hommes que vous ne connaissiez pas, à qui vous n'aviez jamais parlé, que vous n'aviez même jamais vus. Dès que le premier coup de feu claquait au dessus de votre tête, de la bile remontait de votre estomac et vous haïssiez celui ? quel qu'il fût ? qui pointait son arme et pressait la détente. Et vous saviez qu'il vous haïssait aussi, et vous étiez liés l'un à l'autre, jusqu'à ce que l'un de vous meure, ou que vous soyez touchés tous les deux, et la haine se transformait en tristesse ou en rage, quelque chose d'autre que vous gardiez en vous, comme une tumeur..."

Monsieur Gwyn a ce talent de faire venir non seulement les images mais aussi les odeurs, le bruit, les sensations et surtout les émotions...et puis (ce qui me plaît encore plus) il s'attache aux hommes et en dresse un portrait juste, ni noir ni blanc, mais un peu des deux, et toutes leurs motivations pourraient être les nôtres même les plus sombres.

Encore une fois, les éditions Gallmeister tapent juste... Merci, merci, merci !

Annecat

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