Au nom du fric

Pascal THIRIET

Jigal, 2015



Lui s'appelle du Tylleux et elle La Paroisse. Ca le fait, non ? Surtout quand on ajoute que tournent autour de ce couple Davaï, fils d'un oligarque russe, mais aussi Blasphème ou Dante. Chez les riches, on ne se nomme point Robert ou Roger ! Parce que chez les riches nous sommes. Hercule (ah oui, j'avais oublié son délicieux prénom) du Tylleux est plein aux as : banque, pétrole, CAC 40 et autres, le tout dans un groupe au nom étrange de 5/5, ce gars-là est blindé. Aussi, quand il comprend qu'il devra bientôt léguer cette douce fortune à l'un de ses deux fils, la course sera teintée de légèreté, de subtilités et d'attentions.

La Blasphème, c'est une bête de la finance, en fait le vrai fils ainé d'Hercule, qui lui accorde une confiance sans limites. Des financiers habités d'un relatif cynisme : les subprimes, ce sont des prêts pour les pauvres et on ne prête qu'aux riches, aux pauvres on prend... Un monde pour lequel, seules cinquante mille personnes sont utiles sur la terre, le reste c'est... inutile, comme les petites billes de polystyrène qui entourent les objets précieux ! Ben oui, on ne se perd pas dans les détails chez les requins et Hercule comme Dante sont à l'image que l'on peut se faire de ces délicieux personnages : égoïstes, calculateurs, obsédés par le pouvoir..., bref des types sympas ! Un monde où la lutte n'hésite pas à aller jusqu'au meurtre.

L'écriture est plutôt sophistiquée, mais parfois un peu froide. Une froideur bien adaptée au milieu décrit, mais qui rend plus délicate l'intégration du lecteur.

Un livre au cynisme actuel, qui s'achève sous la forme d'une douce constatation : "Il s'agit de faire croire aux pauvres que le système économique porte en lui-même des germes de changement !" Mais Pascal Thiriet, l'auteur de Au nom du fric, déteste les banques et il a bien raison!

Marc Suquet

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