La Longue Mars

Stephen BAXTER, Terry PRATCHETT

L'Atalante, 2015
La Longue Terre, T. 3, traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Mikael Cabon



Troisième tome de la longue terre, ce roman continue à développer la thématique entamée dans le premier opus et sa riche arborescence. Plusieurs intrigues évoluent séparément dans cet ouvrage : émergence d'une sorte de mutants qui se dénomment eux-mêmes les Suivants, retrouvailles de Sally et de son père en vue de l'exploration de Mars et de ses mondes parallèles, voyage à deux twains par le commandant Kauffman vers les confins de la Longue Terre-Ouest, et aussi dévastation de la Primeterre par une éruption du volcan Yellowstone qui rend la majorité de la planète inhabitable pour plusieurs siècles. Ces quatre grandes lignes directrices se côtoient et se croisent plus ou moins en fonction des péripéties inventées par les deux auteurs de cette ambitieuse saga. On suit en majorité le voyage de Sally et l'identification des Suivants en tant que groupe distinct. Bien sûr Josué et Lobsang participent activement à plusieurs de ces intrigues et forment une sorte de lien entre les différents fils du récit. Je ne développe pas mais c'est voulu, totalement dans un esprit "teasing" très commercial !

Comme je l'avais dit précédemment pour le deuxième tome (La Longue Guerre, chroniqué sur le site) : une histoire pleine de bonnes idées, des hypothèses intéressantes à foison, un même regard critique et cependant plein de foi sur notre pauvre espèce, nos deux compères s'en sont donné à coeur joie. Mais il me reste, comme la dernière fois, un goût d'inachevé. Les idées auraient pu, ou dû, être plus développées. Les personnages principaux n'évoluent pas et restent cantonnés à des archétypes intéressants mais un peu courts. En bref, il y a matière à écrire deux ou trois fois plus de pages à chaque fois avec le matériau brut apporté par ces deux merveilleux cerveaux. D'où une vraie frustration de lecteur/trice. Ca reste passionnant mais on a envie de pouvoir annoter la marge quand on a refermé la 408e page du récit : très bon, mais à développer, comme les profs de lettres aux temps anciens où on rédigeait des dissertations de français en troisième (oui oui je sais, pour certaines ça fait plus longtemps que pour d'autres !). Il paraît qu'on aura encore droit à plusieurs tomes avant la clôture. Largement de quoi corriger le tir, même si Stephen Baxter va devoir finir tout seul ce grand oeuvre, maintenant que sir Terry Pratchett nous a quittés. Snif ! Et en même temps chouette !

Marion Godefroid-Richert

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