La mort était servie à l'heure

Jack NARVAL

Pavillon noir, 2014



D'habitude les vieux, ils ont l'air gentils, posés, cool quoi ! On peut leur faire confiance, leur donner le bon Dieu sans confession. Et bien, avec Jack Narval, le cliché n'a pas lieu d'être : les vieux sont flippants, sadiques et assassins. Un postulat de départ original, donc, pour cette nouvelle livraison de l'auteur.

Rustington, une petite ville calme qui cache bien son jeu. Comme ils ont l'air sympathiques, ces deux petits vieux qui s'aiment d'amour tendre ! Une ville qui a mis en place le Neighbourhood Watch, une convention passée entre habitants et police aux termes de laquelle les citoyens s'engagent à surveiller les rues et à signaler toute présence suspecte. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les charmants habitants de Rustington mettent une belle application dans la conduite de ce protocole, allant jusqu'à créer une association qui surveille le quartier du haut d'une tour de gué et gère la réception très personnelle de ses "invités". Ah, c'est sûr, les cambrioleurs vont regretter leurs méfaits ! Peter Chapman, cambrioleur amateur, va faire les frais de cette secte de barjos obsédés de sécurité.

L'auteur vit outre-Manche et connaît bien cet environnement : des notes de bas de page apportent l'info nécessaire au lecteur qui n'est pas familier avec cette région. Ainsi, qui savait que le nombre de pubs a chuté de 60 000 à 50 000 en dix ans ?... Sur quelle pente vertigineuse nos cousins grands-bretons ont-ils mis les pieds ?

L'ensemble est bien écrit avec du rythme, du suspense. On se croit parfois dans une aventure d'Indiana Jones avec des plafonds qui descendent pour écraser des victimes ou encore des labyrinthes en métal chauffés à blanc. Le roman fait se côtoyer gore et critique sociale en décrivant le racisme de certains petits Blancs. Un minuscule regret : j'aurais aimé rentrer un peu plus dans la psychologie de ces vieux bourreaux.

Mais dans l'ensemble voilà un bouquin au scénario original et avec lequel je me suis régalé.

Marc Suquet

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