La Noctambule

Arnaud LE GOUEFFLEC

Ginkgo, 2015



Cunégonde, la fidèle secrétaire de Johnny Spinoza, fait le mur le soir et passe la nuit hors de la maison commune. La découverte de ces nocturnes escapades va chambouler le détective et l'entraîner dans une nouvelle enquête. Faut dire que le patron entretient une véritable relation paternelle avec sa secrétaire : Cunégonde manque et tout est dépeuplé.

Dès la première page, j'ai retrouvé le superbe style des Discrets ("sa voix, insupportable de netteté, sous-titrait sa pantomime"). Une bonne entrée en matière. Et puis, quel univers fantasque : Cunégonde est une collectionneuse assidue. Oh ! pas une numismate, une ferrovipathe ou encore une digitabuphiliste (cher Arnaud, des notes de bas de page peuvent parfois se révéler nécessaire), mais bien plutôt une collectionneuse de... secrets ! S'ensuit une merveilleuse description de ladite collection, incluant annonces matrimoniales, rubrique nécrologique mais aussi liste des passions, liste qui permit à l'occasion d'arrêter un tueur de pongistes ! Dans ce genre, j'adore l'échelle des secrets élaborée par l'auteur en fonction de leur degré (de secret de polichinelle à parfait mystère) ou encore de leur couleur (eh oui, les petits secrets sont plutôt bistres et les insondables, noirs de fumée). Et puis, que sont ces escargots à la carapace numérotée ? On rencontre également la police de la pensée, celle qui traque les mystères, le "cancer qui gangrène le quotidien", celle qui établit la maison de verre dans laquelle tout est transparent, mais aussi des miliciens qui semblent si proches d'un parti extrémiste... Le texte est également fait de passages à la Alice au pays des merveilles où l'on accède par des lits secrets.

Le retour d'Arnaud le Gouefflec avec La Noctambule, un Arnaud plein d'imagination, d'humanité et un brin de folie, comme j'ai pu kiffer dans Les Discrets. Cher Arnaud, vous êtes un grand enfant, pour le merveilleux plaisir de vos lecteurs.

Marc Suquet

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