L'Ile du serment

Peter MAY

Rouergue, 2014
Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Jean-René Dastugue



Curieuse, la traduction du titre du nouveau bouquin de Peter May : Entry Island est devenu L'Ile du serment. Mais la traduction doit-elle toujours suivre fidèlement le texte original ?

Cette fois-ci, c'est au Canada que nous emmène l'auteur, dans l'archipel de la Madeleine. Un endroit qui semble superbe même si quelque peu austère. James Cowell est poignardé. Qui pouvait penser que, dans une île où personne ne ferme sa porte à clef, on assisterait à un meurtre ? Chacun suspecte l'épouse, Kirsty. Sauf Sime Mackenzie, l'enquêteur à qui Kirsty dit quelque chose. Étrange effectivement, de posséder un anneau représentant les mêmes armoiries que le pendentif de l'accusée...

J'ai aimé la psychologie des insulaires : impossible pour Kirsty de quitter son île. Le même sentiment habitait sa mère qui, atteinte d'un cancer, refusait d'aller consulter un médecin loin de son île ! Et puis, les îles, c'est rude : sur le bateau, on découvre parfois un cadavre que l'on transporte vers le continent. Original, de trouver un corps dans une housse plastique, étendu entre les sièges ! Original aussi Norman, dont le plafond de la chambre est couvert d'un monde en pâte à modeler représentant des prairies, des routes, des lacs et des bus !

Peter May remonte le cours du temps et évoque le XIXe siècle, durant lequel des paysans écossais chassés de leur terre, sont embarqués de force pour le Canada : les Highland Clearances, un vrai déplacement de population comme on peut hélas l'imaginer... Le scénario du livre se déroule donc sur les deux périodes qui s'entremêlent. La fameuse famine apparue en Irlande et liée au mildiou de la pomme de terre ou à une politique impériale britannique déficiente, fait aussi des ravages aux îles de la Madeleine.  

Au final, un bouquin que j'ai aimé, notamment pour son aller et retour entre présent et passé, mais aussi pour la description de cet environnement original que constitue Entry island. Mais un bouquin qui n'atteindra pas tout de même le niveau du premier tome de la trilogie L'Ile des chasseurs d'oiseaux. Fallait pas commencer par un super bouquin comme ça : on a toujours tendance à comparer.

Marc Suquet

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