Les Chevaux célestes

Guy Gavriel KAY

L'Atalante, 2014
Traduit de l'anglais (Canada) par Mikael Cabon



Tout commence dans les gémissements et l'urgence du temps qui passe... mais tout commence aussi dans le silence et la paix du devoir accompli.

Shen Tai est là, seul ? non, pas seul, car entouré des milliers de morts de la bataille du Kuala Nor. Il est là pour leur donner une sépulture, leur rendre l'honneur et ne pas les laisser errer pour l'éternité. Pour prix de ce courage fou, l'impératrice consort du Tagur va lui offrir non pas un, ni dix, mais deux cent cinquante "chevaux célestes", objets de tous les désirs.
Comment survivre alors et quelle solution Shen Tai va-t-il trouver pour que toute cette convoitise ne se retourne pas contre lui et sa famille ? Comment accepter cette récompense sans qu'elle ne se transforme en malédiction tant les intrigues de la cour et les enjeux politiques de cette dynastie sur le déclin dépassent Shen Tai et ses amis ?

Ce n'est pas la première fois que je lisais du Guy Gavriel Kay, puisque il y a longtemps que La Tapisserie de Fionavar m'avait enchantée. Mais, comme je le disais, c'était il y a longtemps... Depuis, je n'avais rien lu de lui... et quel dommage !

C'est donc avec surprise d'abord puis émerveillement que je me suis immergée dans la dynastie Tang (du VIIe au Xe siècle), ou plus exactement dans la fin de celle-ci. J'ai découvert alors un monde ambigu fait de rigidité administrative, de sauvagerie et d'intrigues machiavéliques, le tout teinté d'une infinie délicatesse, de paysages époustouflants et d'une poésie omniprésente.

Guy Gavriel Kay a réussi à me lier à ses personnages : Shen Tai, son abnégation et sa droiture, la fidélité de Bruine, le courage et l'héroïsme de Wei Song. Et enfin la truculence et le génie poétique de Li Bai, "l'Immortel banni", la jeunesse et la sagesse de Li-Mei qui m'a ouvert la porte des pays frontaliers de la Kitai... Enfin bref, des personnages profondément humains, complexes et attachants.

Aucun des aspects traditionnels de la fantasy n'est présent : ni magie, ni trolls, ni autres "créatures". Et pourtant, grâce à la poésie nous sommes à la fois ancrés dans la réalité, et en plein imaginaire. Comme Kiss Cool, cette écriture a un double effet... Le premier, (cool) est documenté et efficace. Le deuxième (pas mal non plus) nous transporte dans une autre contrée en nous offrant la profondeur, l'épaisseur et la crédibilité de cette galerie de personnages imaginaires (quoi que...)

Je n'avais pas lu de Guy Gavriel Kay depuis longtemps, mais je suis sûre que ma bibliothèque va s'enrichir très bientôt !

Annecat

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