Plus fort que la haine

Pascal BRESSON, René FOLLET

Glénat, 2014



Côté scénario, c'est pas révolutionnaire : Doug Wiston, en 1933, est travailleur dans une scierie. Le hic, si l'on peut dire, c'est que Doug est noir et l'Amérique de cette période modérément accueillante pour ceux qu'elle appelle avec classe, les moricauds ! Viré de son travail pour avoir défendu son père, Doug deviendra boxeur, la seule occasion pour recevoir de l'argent en cassant la gueule des blancs !

C'est certain, le combat courageux de cet homme contre le racisme inhérent à l'Amérique des années 30 est un bon sujet. On y retrouve le tristement célèbre Ku Klux Klan, un ramassis de minables racistes prônant la suprématie de la race blanche. En bref, des gros c. comme hélas l'histoire en voit passer quelques-uns. Fort heureusement, cette tendance sera contrée dans les années 60 par l'apparition de deux figures militantes : Martin Luther King et Malcom X. Le scénario peut sembler un peu caricatural : les mauvais Blancs contre les bons Noirs. Mais, les lois Jim Crowe, organisant dans les Etats du Sud la ségrégation raciale, c'est du lourd. Jugeons un peu : "Tout mariage entre une personne blanche et une personne nègre ou entre une personne blanche et une personne d'ascendance nègre à la quatrième génération est interdit." J'avais raison, non, de parler de gros c. ?

Pour revenir à l'album, c'est le dessin de René Follet qui m'a le plus intéressé : en noir et blanc, un joli coup de crayon qui donne toute son intensité à l'histoire. Un vieux de la vieille qui a commencé à dix-huit ans chez Spirou (Les Belles Histoires de l'oncle Paul, les anciens, souvenez-vous comme c'était bien !) et qui assure encore sacrément !

En bref, un beau dessin pour un album au scénario assez classique.

Ici une interview de Pascal Bresson, scénariste de l'album, décrivant sa collaboration avec René Follet.

Marc Suquet

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