Le projet Mars

Andreas ESCHBACH

L'Atalante, 2004
Traduit de l'allemand. Première parution dans la langue originale en 2001.



Cher Andreas,
Nous étions peu nombreux, cet après-midi-là, au café de "Dialogues" où tu étais venu présenter ton livre Le projet Mars. Il faut dire qu'il faisait beau en ce samedi de printemps. Beaucoup, ayant pressenti que l'été serait pourri, avaient préféré profiter du soleil et de la plage...
A ta droite, Frau Eschbach, attentive, souriante comme à son habitude. A ta gauche, ton interprète favorite, elle aussi souriante, mais déjà concentrée. Et toi - ô surprise - souriant également et apparemment très détendu ! (Ce n'est pas comme à la médiathèque de Plougastel Daoulas, ce mercredi 25 février, t'en souviens-tu ? Tu avais un trac pas possible !)
Et puis la présentation a commencé. Deuxième surprise : tu t'es exprimé en français ! Certes un français encore hésitant et maladroit, mais très compréhensible ! (La plus grande partie de l'entretien allait d'ailleurs se dérouler en français. Danke, Andreas !)
Tu as tenu à préciser que ton livre était édité dans une collection pour la jeunesse, en Allemagne, et que l'histoire t'avait été inspirée par le Club des Cinq. Tu avais écrit le Club des Cinq sur Mars, en quelque sorte... Tu as brièvement esquissé l'intrigue, parlé des quatre personnages principaux, Elinn, Carl, Ariana et Ronny...
Tu as alors dit : "Le sujet de ce livre, c'est la patrie !" Tu as ajouté que ce livre était pour toi un retour à l'enfance - "comme quand j'avais commencé à lire et à écrire !" - Le projet Mars était en fait le livre que tu aurais aimé lire quand tu étais jeune. La deuxième partie de l'histoire devrait sortir à la fin de l'année 2004.

Alors a débuté la séance de questions...

Ce livre est-il le résultat d'une longue gestation ou bien l'avez-vous écrit parce que la planète Mars est redécouverte dans le nouveau courant SF ?

Andreas Eschbach : J'ai écrit ce livre parce que Mars est pour moi une planète intéressante, fascinante... Je m'informe sur toutes les expéditions scientifiques actuelles pour voir s'il n'y a pas de contradictions avec ce que j'écris.

Quel a été le point de départ du Projet Mars ?

A.E : D'abord, j'imagine les personnages. Puis, les personnages m'échappent... Ici, il s'agit d'enfants très bien élevés. C'est plutôt les adultes qui font ce qu'ils veulent !

Quelle est votre relation en tant qu'auteur à la science historique ? (sic)
Tu as longuement hésité, avant de finir par répondre :

A.E : L'histoire, ce n'est pas ma spécialité !

Michael Marrak vous cite comme mentor. Quelle est votre part d'influence ?

A.E : Marrak avait déjà beaucoup écrit quand nous avons fait connaissance. Je lui ai juste conseillé de changer d'éditeur ! [Rires]

Que pensez-vous des lecteurs français ?

A.E : En Allemagne, certains journalistes qui m'ont interviewé m'ont avoué n'avoir jamais rien lu de moi. En France, les lecteurs sont plus curieux, sont plus proches. En France, on me pose des questions qu'on ne m'a jamais posées en Allemagne. Ainsi, quand je rentre chez moi, je comprends beaucoup mieux mes livres !

L'auditoire, depuis longtemps sous le charme, rit de bon coeoeur...

Quels sont vos projets ?

A.E : D'autres livres vont être écrits. Ils se dérouleront dans le même univers que Kwest et Des Milliards de tapis de cheveux.

Quelle est votre définition de la SF ?

A.E : La SF, c'est la littérature qui entraîne le muscle de la fantaisie !

Etes-vous un écrivain pessimiste ?

A.E : Je ne sais pas...

Enfin la dernière question et la dernière réponse - savoureuse ! - de cet entretien :

Est-ce que vous prenez des vacances ?

A.E : J'habite en vacances ! ! !

Puis est arrivée la séance de dédicaces (*).

Après t'avoir salué (ainsi que Frau Eschbach et ton interprète préférée) au nom de mes amis de Mauvais Genres - Rade de Brest, je suis rentré tout heureux (heureux d'avoir - à nouveau - rencontré un auteur aussi simple et pourtant ô combien talentueux !), Le Projet Mars sous le bras...

A bientôt, à très bientôt Andreas !

(*) J'ai beaucoup apprécié ta dédicace : "Pour Roque du planète Terre. Merci pour venir !"
Quant à moi, je te dis, au nom de tous les amis de Mauvais Genres - Rade de Brest : "Andreas, merci pour écrire !"

Au fait, j'ai beaucoup aimé ton livre !

Roque Le Gall

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