Ceux qui restent

Paul CAUUET, Wilfrid LUPANO

Dargaud, 2014
Les Vieux Fourneaux, T. 1



Ils arrachent trop du string, les papys ! Réunis pour la crémation de Lucette, la femme d'un des trois, ils se souviennent de leur passé. Celui de Lucette qui quitte l'usine pharmaceutique pour monter un théâtre ambulant. Antoine, le mec de Lucette qui l'a un peu trop laissée tomber pour les réunions syndicales, ou encore Mimile, tatoué de partout et qui doit être le seul blanc à avoir joué au rugby contre les îles Samoa !

Y a du syndicalisme et du lourd. Jeune, on hésite pas à casser une machine à la masse quand le patron souligne qu'elle fait mieux son travail que l'employé.

Côté style, ils ne sont pas non plus de tout repos, les papys : "Tu peux me dire pourquoi tu embarques du pain à une crémation ? Tu veux te faire des tartines grillées ?", ou encore "A nos âges, y a plus guère que le système qu'on peut encore besogner". J'adore aussi l'Antoine qui du haut de ses rares cheveux blancs débarque dans les réunions familiales en clamant "Y a de la gonzesse !" Des trouvailles superbes : Pierre est membre de ni yeux ni maîtres, une asso de vieux aveugles anars qui met le boxon dans les soirées branch. Et puis un romantisme d'airain saisit Antoine lorsqu'il apprend que le patron de l'usine pharmaceutique, Garan-Servier (ca vous rappelle rien ce nom pour un labo ?) était l'amant de sa Lucette !

Ils ont de la personnalité, les papys, mais aussi plein de coeur. C'est drôle, enlevé, touchant. On ne peut que les trouver sympas, les papys. J'adore !

Marc Suquet

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