Tendre comme les pierres

Philippe GEORGET

Jigal, 2014



Superbe décor, celui de Pétra, la cité jordanienne construite par les Nabatéens à partir du VIe siècle avant J.-C. Tant par les détails donnés sur le chantier de fouilles (on estime qu'à peine 1 % de la cité a été fouillé), que par la description des vagues de touristes qui inondent le site dès l'ouverture de ses portes. Un tourisme qui "n'encourage pas la rencontre des peuples, seulement leur juxtaposition".

Intéressant, le perso de Lionel : le genre journaliste qui a roulé sa bosse, cynique, énervant, têtu, style docteur House mais en plus sympa. L'auteur, lui, connaît bien le monde du journalisme : depuis la sortie des ministères ou le copinage avec la garde républicaine jusqu'à une curieuse anecdote de cadeau à Mgr Lustiger d'un micro-cravate sur lequel l'archevêque aurait soudé une croix.

Le bouquin est écrit à la première personne puisque le lecteur suit l'intrigue à travers les yeux de Lionel : venu tourner un documentaire sur le chantier de fouilles, le journaliste se retrouve plongé dans une enquête policière qui démarre avec l'arrestation d'un vieil archéologue dans le lit duquel on a trouvé un trop jeune ado !

Le bouquin est aussi une rencontre avec le désert, l'endroit où sont nées trois religions. Mais aussi le terrain de jeu des chameaux qui émettent des bruits ressemblant à s'y méprendre à un lavabo qui se vide : eh oui, faut le savoir ; le genre de connaissances que l'on ne possède qu'en fréquentant le terrain, tout comme l'observation de l'auteur sur le besoin des Arabes de toucher leur interlocuteur afin de mieux le convaincre.

Épique, la recherche de la cité perdue de Sharat Aqem, celle que l'on cache aux touristes pour la protéger. Mais épique aussi, le personnage de Lawrence d'Arabie qui traverse le bouquin de Philippe Georget avec l'ouverture inoubliable de Maurice Jarre. L'auteur des Sept Piliers de la sagesse aurait également aimé les femmes !

L'ensemble est sympa et je me suis laissé facilement captiver par cette histoire policière jordanienne.

PS : il aime pas trop Carla Bruni, notre auteur, pour comparer la sortie de son nouveau disque à une... cata !

Marc Suquet

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