Il s'appelait Geronimo

Étienne DAVODEAU, JOUB

Vents d'Ouest, 2014



Benji vient à Paris voir son vieil ami Geronimo. Des lustres qu'ils s'étaient quittés ! A l'époque le jeune "Apache" vivait reclus dans une ferme du fin fond de la Bretagne avec son oncle farfelu. Depuis il a bourlingué, sa vie s'est orientée de manière étrange et pourtant logique vers une direction inattendue. En une après-midi de retrouvailles, celui qui se fait maintenant appeler Manu va raconter cette vie qui a pris dix ans de chemins de traverse pour en arriver à cette belle journée parisienne. Et Benji va pouvoir délivrer le message qui l'a sorti de son "Plou" électif pour revenir saisir les fantômes du passé.

Un album écrit à quatre mains, ce n'est pas la première fois que les deux auteurs en commettent. En général cela requiert beaucoup de discussions, pinaillages et engueulades, comme ils disent. Mais ils y arrivent ! Le résultat est ici pas désagréable mais un peu décevant. On se plaît, comme toujours avec Davodeau, à entrer dans l'histoire de ce garçon au cursus étrange qui, pour s'envoler vers son rêve, prend un bateau... qui ne va pas dans le bon endroit ! Je compatis complètement à ce propos, en bonne provinciale qui a plus d'une fois dans sa vie pris le bon bus mais pas dans le bon sens. Passons. L'idée, ici, est intriguante et tient en haleine une bonne première moitié de l'album. Puis l'intérêt s'émousse. Les étapes de vie de l'Indien breton sont plausibles, sa quête intérieure louable. Mais on y assiste d'un peu trop loin, et donc avec moins d'empathie. Cela révélant certainement les limites d'un exercice bipartite où deux auteurs ont peut-être eu peine à s'entendre sur la direction à donner l'album. Tout dans l'humain ? Tout dans l'aventure ? Un des deux égos aurait dû s'incliner un peu plus pour laisser la place à un récit plus franchement orienté. Là on est un peu floué sur les deux tableaux. Ce n'est pas nul mais oubliable du coup. Pas grave, ce n'est pas ça qui m'empêchera de me replonger dans une de leurs productions ultérieures. J'ai de la sympathie pour les deux gus...

Marion Godefroid-Richert

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