Le Braconnier du lac perdu

Peter MAY

Rouergue, 2012
Traduit de l'anglais (Ecosse) par Jean-René Dastugue



Fin Mac Leod est de retour dans la "matrice" comme il l'appelle, son île natale du nord de l'Écosse. Et avec un boulot, en plus : chef de la sécurité dans un grand domaine. Bref, le gars qui traque braconniers et chasseurs hors la loi. Et notamment son copain Whistler, qui prend un malin plaisir à le provoquer. Ce troisième tome tourne autour d'un phénomène peu connu : un loch qui se vide ! Une question de poussée de tourbière : eh oui, moi non plus je ne connaissais pas. Un phénomène qui n'arrive que lorsque la tourbe est sèche. C'est sûr, au nord de l'Ecosse ça laisse un peu songeur ! Mais bon, ça existe et dans le cas présent, ça permet de retrouver un avion au fond du lac avec un cadavre dedans. Le début d'une nouvelle histoire policière pour Fin.

Y a pas à dire, autant j'avais kiffé grave le premier, autant les deux tomes suivants me plaisent bien, mais me semblent dépourvus de l'extraordinaire ambiance décrite dans le premier volume : la dureté du climat et des Hébrides, la cérémonie initiatique de la chasse des oiseaux... On ne retrouve pas le souffle qui régnait dans le premier volet.

Et pourtant, les retours vers le passé de Mac leod composent une vraie ambiance dans ce bouquin. Un passé dans lequel l'église domine la vie de tous en interdisant le passage du ferry ou de l'avion durant le sabbat. Des scènes d'anthologie comme la course de moto organisée pour choisir le nom du groupe de musique : un affrontement à la James Dean. Et puis des femmes, Mona, Mairead, Marasaili, autour desquelles tournent les coqs jaloux Et encore, un pays dont les noms fleurent le caractère : Tathabhal, Tamnabhaig, Raonasgail, Mealaishbal, et il y en d'autres comme ceux là !

Une fin à la Hitchcock, en pleine fête foraine avec une folle poursuite de hors-bords. Un bon polar donc mais sans le souffle exceptionnel du premier. Peut être parce que l'effet de surprise est passé ?

Marc Suquet

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