Les visages

Jesse KELLERMAN

Sonatine, 2009
471 pages. 22 euros



Je ne reviendrai pas sur le brillant résumé livré par l'ami Roque. Rien à ajouter. Et même sur la chronique elle-même ! J'ai moi aussi beaucoup aimé ce roman. Qu'ajouter ? Les personnages féminins, intéressants, échappant au cliché et à la caricature. Les différentes Mme Muller de la famille sont toutes différentes bien que découlant d'une espèce de moule à "mondaine ultra-friquée". Ambition et talent certain pour la morgue et la représentation sociale, ça ne fait pas des femmes de tout repos à fréquenter ni auprès de qui grandir. L'auteur nous fait cependant la grâce d'éviter de tout leur coller sur le dos (je pense à la responsabilité éventuellement attribuable dans l'échec du bonheur personnel qui frappe les dernières générations de la famille) et donne autant de place au choix qu'à l'environnement dans ce constat amer que ses personnages principaux sont tous insatisfaits et malheureux. Riches ou pas d'ailleurs. J'ai également apprécié le dénouement, refusant le spectaculaire et assumant de la subtilité, une petite place pour la rédemption et le pardon sans le poids écrasant du rachat judéo-chrétien si présent chez nos amis Outre-Atlantique. Je ne vais pas vous "spoiler", donc je n'en dirai pas plus. Un bon roman, vraiment. Le seul petit bémol que je me permettrai : l'auteur s'adresse à travers son personnage principal à son lecteur, j'ai trouvé l'artifice un peu superfétatoire. Les petits épisodes de monologue intérieur d'Ethan Muller se suffisaient à eux-mêmes et à montrer la sympathique part d'auto-dérision de son personnage d'enfant gâté rebelle et rancunier. Mais sinon, un bel ouvrage.

Marion Godefroid-Richert

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