Le Fleuve des dieux

Ian MCDONALD

Folio SF, 2013
Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Gilles Goullet



Mon pandémonium littéraire personnel s'orne de quelques trophées plus ou moins prestigieux. Au premier rang desquels on retrouve Proust. Au fil du temps j'ai pris, laissé, repris et re-abandonné un certain nombre de fois Du côté de chez Swann. Echec presque parfait, je n'ai pas dû dépasser la soixantième page en quelques cinq ou six tentatives de lecture. Le reflet du soleil sur les tuiles de l'église de Plou-Marcel-ville me fait l'effet de l'indépassable. Il faut rendre César à Scipion cependant, je n'aurai semble-t-il jamais besoin de Tranxène. Si le sommeil me fuit, je sais quel livre prendre.

Pourquoi ne pas avoir encore commencé à vous parler du livre dont ceci est censé être la chronique, me direz-vous ? C'est assez simple, et vous vous doutez déjà de l'enchaînement (cosmique !). Je n'ai pas non plus réussi à avancer dans celui-là. 92, c'est le numéro de la page à laquelle j'ai fini par renoncer. Je m'ennuie, je m'ennuie. J'abdique cependant après deux bonnes semaines de tentatives pas vraiment acharnées mais constantes en tout cas. Passons sur le résumé du livre, vous le trouverez entre autres ici.

Je peux difficilement vous en livrer un plus personnel, au vu du peu de progrès que j'ai fait dans la découverte de l'intrigue. Par contre je me dois d'éclairer un peu ceux qui désireraient savoir pourquoi je n'y suis pas arrivée. Objectivement ce n'est pas le type de SF qui me correspond. Très très descriptive dans son orientation technophile, elle est également très connotée culturellement (normal soit dit en passant, on parle anticipation sur la civilisation indienne, culture ô combien riche !) avec nombre de références qui me font continuellement défaut. Le Gange, puisque c'est de ce fleuve-là que l'auteur parle, je vois où c'est (en gros). Les Indiens qui se lavent dedans tous les jours pour s'y purifier, là aussi je vois à peu près. Et le curry aussi, ça m'évoque des sensations précises. Mais le reste... il me faudrait pour saisir l'ensemble une connexion haut-débit permanente à portée de clic, or j'aime lire installée confortablement (entendez par là vautrée ; pas possible devant mon ordinateur). Ca me pompe l'air pour tout vous dire.

Sans compter que les inventions de l'auteur autour des intelligences artificielles sont certainement finement pensées mais là suffisent à diluer totalement le peu d'intérêt que je réussis à conserver pour l'intrigue une fois que j'ai sauté tous les termes qui m'échappent dans le récit (au choix dans les trois premières pages : ghât, phut-phut, Ganga Devî, râja, moksha, etc.). Pardon pour les fans, désolée pour les autres, c'est sûrement un excellent bouquin au vu de l'avalanche de prix qui lui est tombée dessus mais je tire ma révérence. Pour moi, rideau, pas possible dans tous les sens du terme. Forfait, snif !

Marion Godefroid-Richert

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