Mr Monster

Dan WELLS

Pocket, 2013
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Elodie Leplat



Où on reprend là où on s'était arrêté. John est cuisiné avec une belle constance par un agent du FBI depuis qu'il a mis au jour le cadavre de son psychothérapeute et sauvé sa vieille voisine. Il lutte activement contre sa sociopathie en sortant avec sa jeune et jolie voisine Brooke, poussé en cela par sa mère qui y voit un remède efficace contre les pulsions mortifères de son fils. Mais on ne peut pas échapper à certaines conditions et à leur effet boomerang. Le serial killer qui avait terrorisé la petite ville de Clayton County a beau ne pas avoir refait surface, un cadavre est de nouveau retrouvé lors de la fête du lycée. John trouve qu'il devient de plus en plus compliqué de composer avec Mr Monster, cette partie de sa psyché qui ne rêve que massacre et danse macabre ! Ce serait tout de même plus confortable pour lui si rien ne venait stimuler son côté sombre. Il s'efforce du coup de le faire taire tout en mettant en place des stratagèmes plus ou moins efficaces pour diminuer la frustration qui en découle. Attention pourtant, la communauté démoniaque pourrait quand même finir par remarquer son existence, et alors là que faire ? Entrée en scène de la suivante de ces créatures du mal... John va devoir reprendre du service.

L'auteur continue à s'amuser avec ses créatures. Loin de hisser son jeune héros sur un piédestal, il sait le cantonner à un niveau adolescent. Suffisance et mésestime de soi, témérité et maladresse, des aspects contradictoires assez savamment mêlés pour faire fonctionner la machine. Pas beaucoup d'évolution sur le plan familial, mère, soeur et tante toujours un peu à l'ouest et faisant du sur-place. Ca laisse la part belle aux rebondissements de cette drôle d'aventure fantastique où un jeune apprenti serial killer exerce son talent et relâche son contrôle pour occire des démons ancestraux qui sévissent en sous-marin dans l'Amérique profonde de cette deuxième décennie du troisième millénaire. La mixture est toujours un peu étrange et pas désagréable. On se demande quand on va se lasser mais au bout de ce deuxième volet l'histoire suit son petit bonhomme de chemin, pas encore installée dans son rythme de croisière. C'est que le personnage principal, qui n 'a pas de mentor mais juste une solide connaissance théorique du meurtre en série, réalise que le passage à la pratique est laborieux. De plus il est toujours en train d'hésiter sur la question de l'insertion sociale, tant il est vrai que la mise en train de ses instincts de prédateur n'a pas complètement éradiqué toute une éducation basée sur des considérations assez classiques de ce que sont le bien et le mal. En bref ce deuxième roman est plaisant, comme le premier, et me conduira assez certainement à me frotter au troisième. Ce dernier est paru en grand format en juin 2013, il devrait sous peu être édité en poche ! Je vous tiens au courant.

Marion Godefroid-Richert

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