L'Enfant noir

Olivier VATINE

Ankama, 2012
Niourk, T. 1



Parti à la recherche du vieux alors que celui-ci veut le mettre à mort, l'enfant noir s'engage dans une véritable odyssée qui va changer sa vie. La terre n'est plus celle qu'on connaît. Monstres mutants, substances dangereuses, tout est un danger potentiel pour les hommes qui parcourent cette planète. Le savoir humain a reculé, la loi du plus fort règne.

Pour adapter une oeuvre, on peut soit coller au matériau originel, soit s'en éloigner au point de rajouter "librement adapté" au titre. Olivier Vatine connaît l'oeuvre de Stefan Wul, il fait partie des créateurs de la collection, son pari était de ne faire ni l'un, ni l'autre. Adapter plus de deux cents pages de roman post-apocalyptique en cent trente-huit pages de bande dessinée (trois tomes de quarante-six pages) n'est pas des plus faciles quand on vénère l'auteur et qu'on est plus connu pour ses dessins que pour le scénario.

Adoptant un récit à la première personne, Olivier Vatine simplifie la narration tout en gardant la complexité du récit. Il modifie quelques personnages, supprime quelques scènes pour garder une homogénéité du récit. Découpé en plusieurs chapitres, ce premier tome constitue un roman-feuilleton surprenant. L'auteur mélange les scènes intimistes et les scènes d'actions. Il alterne les personnages principaux (Thoz et l'enfant noir) et les rend attachants. Ca aurait pu cafouiller, mais ça fonctionne comme un grand récit d'aventure.

Le service est royal pour le côté graphique. Les pages de garde de Manchu sont superbes (et montrent l'ambiance des années 50), tandis que la couverture de Vatine interpelle avec ces personnages nimbés de lune. Chaque chapitre s'ouvre sur une pleine page. Particulièrement soignées, elles permettent d'être la "couverture" de la partie annoncée. Le trait de Vatine est toujours aussi efficace. Sous ses doigts, les personnages de Wul prennent vie. Les animaux sont redoutables, les monstres inquiétants et les humains... faibles. Son découpage intelligent permet d'accentuer certaines actions alors que d'autres seront imaginées par le lecteur. Quant aux décors, c'est une véritable excursion graphique. Tour à tour dévastés, sauvages, ils deviennent aussi importants que les personnages.

S'il fallait faire un reproche à Olivier Vatine, c'est celui-ci : à quand le second tome ? Il essuie les plâtres de la collection en signant tout seul cette adaptation. Le résultat est un plaisir de lecture tant au graphisme qu'au scénario. Il inaugure "Les Univers de Stefan Wul" de la plus belle des façons. On en redemande.

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