L'Autel des naufragés

Olivier MAUREL

Jigal, 2013



"Nous avons fait l'amalgame des thèses de Darwin et d'Hitler". Eh oui, il y a de sacrés tarés et c'est à d'aimables représentants de cette famille un peu trop nombreuse que s'attaque le commissaire Andréa Slick. Sauf que, cette fois-ci, le sympathique membre de la congrégation en question a l'habitude de flinguer les jeunes rousses après les avoir entièrement scalpées. Eh oui, quand on vous parlait de tarés... Mais il y en a aussi dans la famille Slick, en moins grave quand même, parce que choper le don familial de voir devenir blancs les yeux des gens qui vont prochainement mourir, ben personne n'y peut rien dans la famille. Mais il vient d'où ce don là ? Bernique ! Tu sauras pas, lecteur. Alors c'est vrai que l'on y croit moyen : un truc comme ça, un poil zarbi, faudrait tout de même y donner un brin d'explication pour qu'on y croiVe !

L'Andréa Slick, un vrai Dexter qui flippe grave quand il voit des cadavres et qui n'a plus qu'une envie : se faire l'assassin, fissa. Mais dans Dexter, on est dans sa tête et on suit l'évolution de la psychologie du perso. Ici, un peu léger qu'il est, l'auteur, en termes de perso et de leur psy. Dommage, ça donnerait de l'étoffe aux zigues.

Intéressant, le résumé en deux points des Hells Angels : le culte des Harley, la fraternité blanche et raciste. Sans concessions ! Intéressante aussi la recherche par le tueur en série de l'extase ressentie lors de son premier meurtre. Une extase qu'il ne retrouvera jamais.

Plutôt bonnes, les quelques scènes d'action, notamment celle des catacombes. Le voyage dans l'obscurité des galeries jusqu'à la salle de la Plage, avec ces scènes de fêtes orgiaques qui se déroulent sous terre.

Attention à l'emploi des sigles, cependant... Page 137, j'en ai compté sept avant d'abandonner. Manque aussi un peu d'humour, l'auteur : le cadre juridique "mince comme le string d'une prostituée", c'est tout de même pas du haut vol ! Et puis, comme par hasard, le tueur et la victime se rendent compte, juste avant de l'achever, qu'ils sont frère et soeur : quelle coïncidence ! Digne d'un "Je suis ton père !"

Un petit détail pour les cinglés : Darwin s'est opposé à l'application de la sélection au sein des sociétés humaines. Le détournement de ses théories, appelé le Darwinisme social, devrait plutôt être nommé le Spencérisme, du nom du sinistre imbécile qui professait "toute protection artificielle des faibles est un handicap pour le groupe social auquel ils appartiennent, dans la mesure où cette protection a pour effet [...] de le mettre en position d'infériorité face aux groupes sociaux rivaux". Quand on vous disait qu'il y a des tarés !

Bref, un agréable polar mais qui manque un peu d'épaisseur, notamment dans les persos.

Marc Suquet

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