La Revue dessinée, N° 1

COLLECTIF

LRD SAS, 2013



Gonflés qu'ils sont ces gars-là : éditer une nouvelle revue de BD à une époque où seules la récession et l'attente sont de mise. A peine si le lecteur y croit et pourtant, quand on a le n° 1 de La Revue dessinée entre les mains, obligé d'y croire que l'on est.

Voilà un bel objet doublé d'une revue de qualité qui vient de naître.

Le parti pris des six éditeurs est clair : raconter l'actualité en mélangeant texteszédessins. Un peu comme ces revues d'il y a quelques années : Le Journal illustré ou encore Le Petit Journal.

Et le lecteur que je suis, ben il en a appris en refermant la dernière page. Ainsi, étonnant de savoir qu'un jeune agriculteur qui souhaite s'installer dans le Nord-Pas-de-Calais doit s'acquitter d'une taxe interdite par la loi et qui ajoute près de 5 000 euros par hectare au nouvel exploitant (Le Prix de la terre, p. 32). Ou encore qu'à Matonge, un quartier de Bruxelles, vivent de nombreux Congolais fidèles au pays (Belge Congo, p. 10). La chronique de Mister Eco s'avère tout bonnement indispensable : vulgariser les lois de l'économie à une époque ou une grande part de l'actualité y est liée est une oeuvre de salut public !

Il y a aussi du moins bon, mais faut pas rêver non plus : Mi-temps (p. 182) ne m'apprend pas grand-chose sur le monde des skateurs et me semble effleurer un sujet qui aurait pu être intéressant.

On l'aura compris, il ne faut pas s'attendre dans La Revue dessinée à du dessin de grand art. Encore que, l'illustration d'Allende, le dernier combat (p. 186) est vraiment belle et juste. Non, le dessin est là en support de l'information. Attention, parfois on va un peu loin dans ce sens : dans Passion byte (p. 54), le dessin simplissime disparaît un peu sous les placards de texte. L'équilibre entre les deux me semble une des clefs du succès de la revue.

Toujours est-il que l'on ressort de la lecture du n° 1 de La Revue dessinée intéressé, content d'avoir appris de nouvelles choses et d'avoir passé un bon moment. Que rêver de plus ?

Marc Suquet

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