Djebel

Gilles VINCENT

Jigal, 2013



1960. Pourquoi Antoine Berthier, jeune appelé, se donne-t-il la mort sur le bateau qui le ramène d'Algérie alors que sa période militaire est achevée ? Pourquoi découvre-t-on, quarante années plus tard, les corps d'anciens compagnons d'armes dans d'étranges circonstances (un suicide, un homme disparu et un autre écrasé par une voiture) ? La commissaire Aïcha Sadia, aidée par le détective Sébastien Touraine, va se lancer dans une enquête afin de répondre à ces questions.

Antoine, il n'a jamais voulu participer à toutes ces horreurs vécues en Algérie et notamment à la torture, dont Pierre Vidal-Naquet pense qu'elle a concerné des centaines de milliers d'Algériens, mais également été employée par le FLN (source). Le livre de Gilles Vincent dévoile la psychologie intime de l'appelé, de celui qui crève de rentrer "bredouille", c'est-à-dire sans au moins un Algérien à son tableau de chasse !

Quand même étonnant que le commissaire Aïcha Sadia soit vraiment mignonne et que le pauvre Sébastien soit un peu seul : ce qui devait arriver, arrive et on n'en est guère surpris. Mais bon, ça n'abîme pas l'histoire et lui donne un petit côté humain. Et ce d'autant plus que la commissaire a des origines algériennes.

Gilles Vincent a une bonne plume, de celles qui coulent et emmènent leur lecteur jusqu'au mot fin sans qu'il ait vu le temps passer. Son roman possède un contexte historique intéressant. Ses personnages sont habités par un passé qui ne peut les lâcher. Un bon polar.

Marc Suquet

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