L'Indien blanc

Craig JOHNSON

Gallmeister, 2013
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides



Walt Longmire, en voiture avec Henry Standing Bear, est en route pour Philadelphie, où le grand Cheyenne doit donner une conférence et prêter sa collection de photos mennonites : une occasion pour les deux compères de rendre visite à la fille de Walt. Las ! Le soir même de leur arrivée, la belle avocate est victime d'un grave accident qui la laisse dans le coma. Rapidement, on découvre que le traumatisme crânien de Cady Longmire serait dû à son petit ami. Le shérif, qui est bien loin de son Wyoming chéri, va mener l'enquête pour savoir ce qui a bien pu conduire le jeune homme à des extrémités aussi violentes. La plongée du vieux cow-boy dans le milieu politico-judiciaire de Philadelphie le mènera jusqu'à un mystérieux Indien blanc, qui jouera pour lui le rôle de Petit Poucet au pays des dealers et des gros sous.

Cette troisième aventure du shérif du comté le moins peuplé de l'Etat le moins peuplé des USA (oui, je sais, je ne les chronique pas dans l'ordre) le sort de son contexte habituel pour le plonger dans un milieu des plus citadins. On quitte chevaux et voix des ancêtres cheyennes pour le bitume, l'opéra et la bière irlandaise. Ce dépaysement perd un peu le personnage, et un petit peu aussi la lectrice que je suis, ma foi. Sans sa troupe de fidèles, Walt Longmire est souvent démuni. Même si l'auteur lui envoie son adjointe, la magnifique latine au langage fleuri Vic Moretti, et en profite pour les emmêler un peu dans la famille de cette dernière et à l'occasion à l'horizontale sur un canapé accueillant. Du coup, l'intrigue s'en ressent légèrement, et j'avoue que le résultat est un peu confus, et moins savoureux qu'à l'accoutumée. Mais bon, on peut difficilement exiger d'un auteur qu'il vous éblouisse de façon permanente, et comme j'ai lu et chroniqué les suivants, je sais qu'ensuite il se rattrape. Craig Johnson dit d'ailleurs qu'il s'efforce de se renouveler à chacune des aventures de son personnage, et que donc il est normal que dans la série certains romans semblent plus faibles ou moins intéressants aux lecteurs passionnés. A lire quand même, car on s'attache à ces personnages riches et hauts en couleurs que Craig Johnson sait si bien faire vivre.

Marion Godefroid-Richert

partager sur facebook :