City Hall

Rémi GUERIN, Guillaume LAPEYRE

Ankama, 2012
City Hall, T. 1



Londres 1902. Des monstres apparaissent détruisant tout sur leur passage. La police s'aperçoit que ces créatures sont des papercuts, des créations faites à partir de papier. Papier qui n'existe plus depuis deux cents ans. Les forces de l'ordre font appel à Jules Verne et Arthur Conan Doyle pour s'opposer au créateur des papercuts.

Dans un passé qui ressemble à notre présent, le papier est une arme dont les seules limites sont l'imagination et le style d'écriture. Voilà l'idée originale de Rémi Guérin et Guillaume Lapeyre. Les deux auteurs n'en sont pas à leur coup d'essai. Ils ont plusieurs albums à leur actif. Dans cet univers, les auteurs ont mélangé plusieurs éléments : le steampunk, la technologie actuelle et des personnalités célèbres. Explication : puisque le papier, trop dangereux à utiliser, n'existe plus, il a fallu combler ce manque de communication. Ordinateurs, écrans tactiles, téléphones portables sont communs, mais comme nous sommes à la fin de l'ère victorienne, le design et la technologie diffèrent. Si les écrans plats existent, le clavier est celui d'une machine à écrire, la voiture est à vapeur, les avions ressemblent à ceux de la seconde guerre mondiale. Quant à l'architecture, elle s'inspire de l'Art déco. Les auteurs n'ayant pas hésité à mélanger les époques, ils ont fait pareil pour les personnages de l'histoire. Si Jules Verne et Arthur Conan Doyle ont pu se connaître, ils n'étaient pas aussi jeunes. Le futur écrivain de Sherlock Holmes possède le même don de déduction que son personnage, mais ici il est l'élève de l'inventeur et écrivain numérique Jules Verne. D'autres personnalités vont apparaître, tels Malcom X, Amelia Earhart, Al Capone... Il y a même un certain Oliver Stone. Les références abondent : histoire américaine, série télévisée, cinéma, le lecteur attentif trouvera plaisir à trouver tous les clins d'oeil disséminés dans cet ouvrage.

Côté graphique, on pourrait regretter l'accumulation d'action et de détails pour des cases de manga. Cela étant, ces détails permettent d'admirer le trait de Guillaume Lapeyre. Il construit un Londres parfaitement crédible tout en ajoutant ici et là des éléments steampunk, Art déco ou contemporains. Ses personnages, attachants, vont sûrement être repris dans les conventions de cosplay. Quant aux papercuts, elles sont terrifiantes : être sans âme pour Black Fowl et machine mécanique pour Jules Verne. Avec un tel potentiel, les 42 pages d'une bande dessinée classique n'étaient pas suffisantes. Les auteurs ont fait le pari de le faire en manga. Pari tenu, réussi et édité par Ankama, les 192 pages de City Hall vous tiennent en haleine. Prévu en trois tomes, voilà un manga 100 % français. Une excellente surprise !

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