L'espincheur des accoules

Gilles DEL PAPPAS

Jigal, 2005



C'est du marseillais. Les mots et les expressions chantent bien. On est plongé dans un univers qui sent bon les vacances au soleil, le pastis, la pétanque, et aussi la chaleur humaine, la convivialité, le partage. Marseille serait-elle la ville d'un " Vivre ensemble " mieux réussi qu'ailleurs, et pas seulement autour de l'OM ?

L'intrigue, elle, m'a semblé alambiquée et un peu fouillis. On a l'impression que l'auteur a peur que le lecteur soit en manque. Alors il en rajoute et des morceaux font un peu rapporté.

Personnellement, je me suis intéressé au côté " suite de l'occupation ". On dirait que les comptes de la guerre et de la libération n'ont pas été soldés pour tout le monde. L'histoire est connue : la clique politique, policière et maffieuse qui tenait Marseille avant guerre, comme une quelconque Chicago, a explosé à la fin de l'occupation. Certains politico-gangsters ont joyeusement collaboré jusqu'au bout. D'autres, issus des mêmes bandes, se sont finalement retrouvés aux côtés des résistants, et ce sont eux qui ont contribué à construire l'empire Defferre dans les années 50. Voilà un contexte que l'on retrouve régulièrement, et Del Pappas s'offre un monstre style Dr Petiot qui a laissé derrière lui dossiers explosifs et cadavres anonymes. De quoi mobiliser toutes les polices pour éviter de nouveaux scandales à la République.

Le livre se laisse donc lire, sans qu'on y trouve le souffle que le contexte aurait pu apporter.

Alain Cariou

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