Ceux qui vont mourir

Luc BRUNSCHWIG, Roberto RICCI

Futuropolis, 2013
Urban, T. 2



Suite des aventures de Zachary Buzz à Monplaisir, le complexe de loisir de Springy Fool. A la fin du premier tome, on avait quitté la jeune recrue de l'académie des interceptors en plein désarroi. La douce jeune fille dont il tombait amoureux était éloignée de lui par décision patronale, et il s'était fait coiffer au poteau par un jeune ambitieux à l'académie, qui lui avait brisé le nez et chipé la nomination au poste d'interceptor de la ville. Parallèlement le jeune Niels, un enfant seul avec sa nounou-méca dans un grand appartement luxueux parvenait à s'échapper et se retrouvait dans la rue, libre... mais isolé.

Dans ce deuxième livre, Zach passe devant les caméras et accède à l'élite des flics de Monplaisir. Désormais, c'est lui qui prend en chasse le redoutable chasseur de primes Antiochus Ebrahimi. De son côté, Niels est pris sous une aile compatissante puis intéressée par un magicien pouilleux des rues, Ronald Olif. On découvre également un enquêteur de Ganymède, le lieutenant Christiansen, sur les traces d'un trafic odieux d'organes féminins qui aboutit à la mort des jeunes femmes prises dans ses filets.

Ces trois personnages se tournent autour dans des trajectoires concentriques et plongeantes, à la découverte des dessous ? bien sûr peu reluisants, voire sordides ? du plus grand parc d'attractions de la Galaxie. Les rebondissements s'enchaînent, jusqu'à une confrontation finale entre Zach et sa cible qui se terminera de manière tragique.

Les deux auteurs ne nous déçoivent pas sur ce coup-là. Le dessin est toujours aussi soigné, le scénario toujours aussi fouillé. Un ajout audacieux de l'éditeur apporte un petit supplément d'âme à l'album : c'est le cahier graphique présent à la fin sur la première édition (eh oui, petits jaloux, on y a eu droit en SP). Le scénariste et le dessinateur livrent quelques clés sur leur collaboration, leurs techniques et la genèse de la série. J'ignorais qu'il y avait eu un premier jet sur ce synopsis, par exemple, et il est passionnant de voir comment fait Roberto Ricci pour rendre aussi vivante la colorisation informatique. Un vrai plus que ce rajout, donc. J'ai également été séduite par le déroulé des péripéties, le rythme du récit, la mise en place du nouveau personnage, la dimension interprétative qu'on découvre à l'histoire, son côté plausible... En bref, tout m'a plu. Une très belle découverte, que je vous engage à vous offrir.

Marion Godefroid-Richert

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