L'anticyclone des Açores

Gilles DEL PAPPAS

Jigal, 2003
Onzième aventure du Grec



Août 1970, trois jeunes photographes en goguette mitraillent à tout va, pour le compte de l'agence de presse qui les emploie, les stars venues s'exhiber ou se donner en spectacle lors du mythique festival hippie organisé sur l'île de Wight. Les photos prises alors dormiront plus d'une décennie avant de refaire surface à Lille, à l'occasion d'un projet de publication. Elles provoqueront une embrouille invraisemblable et déclencheront de féroces passions chez de mystérieux individus prêts à tout pour récupérer ces fameux clichés et qui ensanglanteront les rues lilloises. S'intercalent dans le récit des apartés racontés à la première personne sur la vie d'Ernesto Che Guevara dont le rapport avec l'histoire n'est révélé qu'à la toute fin du roman...

Tout l'intérêt de "L'anticyclone des Açores" est de jouer sur le contraste entre deux mondes pourtant pas si éloignés l'un de l'autre : le nord de la France - en la personne des deux Ch'tis, Sam et Luc - et le sud, la Provence représentée par Constantin, "le Grec" de Marseille, personnage central du livre et héros récurrent, épicurien amateur de bonne chère et de jolies girelles, que l'écrivain Gilles Del Pappas met en scène dans les polars "aïoli" qui composent sa saga marseillaise. Et rappelons encore que tout comme son héros, l'auteur est lui aussi un Marseillais d'a'scendance grecque qui pendant quelques années a bel et bien exercé la profession de reporter photographe. C'est une savoureuse mixtion plutôt que le constat d'un antagonisme entre les deux régions que l'auteur nous offre ici. On partage en effet bien plus qu'on ne mesure les langues et les cuisines propres à chacune des deux cités emblématiques que sont Lille et Marseille. Ce joli mélange compense avec bonheur une intrigue un peu faible quoique bien construite et bien menée. En outre, les personnages auxquels on sent bien que l'auteur voue une sincère tendresse sont suffisamment attachants pour faire passer la facilité de la pirouette finale.

A lire pour le repos neuronal, le récit coule !

MGRB

partager sur facebook :