Réseau d'Etat

Hugues LEFORESTIER

Jigal, 2012



"J'entends le loup, le renard et la belette", c'est la chanson qui passe en boucle dans la tête de la cible, alors qu'elle est poursuivie par deux flics qui ne lui veulent pas que du bien ! La cible, un terroriste recherché par toutes les polices de France ? Ou plutôt un ancien gaucho ayant bien connu les beaux costards étatiques, qui possède dans ses dossiers quelques aspects compromettants de leur vie, et dont la discrétion est disons... vivement souhaitée.

Réseau d'état est le premier polar d'Hugues Leforestier, le responsable du caveau bien connu, celui de la République, celui dont le Canard dit qu'il n'est pas prêt d'être enterré, et qui s'offre sur scène quelques satires du monde politique dont on imagine qu'elles ne réjouissent pas toujours leur bénéficiaire. D'ailleurs, on retrouve dans son roman des personnalités connues : un gars que l'on surnomme "l'Américain", qui s'est trompé de soutien aux présidentielles passées et qui est pas sympa du tout... Peut être aurait-on pu ajouter "casse-toi, pov' con", mais le spectre de ce personnage est aujourd'hui heureusement écarté, enfin j'espère ! Et puis, la vente d'un hippodrome qui assure quelques problèmes à son ministre, ça ne vous dit rien ? Si, si c'est pas si vieux !

Le lecteur passe de la Françafrique à la Commission européenne, du trotskysme d'hier à la finance. Aussi a-t-il bien du mal à s'asseoir dans une de ces multiples ambiances à peine effleurées en 180 pages. Les persos, c'est un peu pareil : à peine effleurés, mais sans les détails qui auraient permis au lecteur de s'y accrocher. Et pourtant le style d'Hugues Leforestier est plutôt sympa et travaillé. Mais c'est le fond du roman que j'ai trouvé trop light pour qu'il m'accroche. Un défaut de jeunesse peut-être ?

En tout cas, merci pour la "démarche à l'amble" que je ne connaissais pas. Wiki m'a signalé que c'était l'allure de marche de certains quadrupèdes.

Marc Suquet

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