Un employé modèle

Paul CLEAVE

Livre de poche, 2011
Traduit de l'anglais (Nouvelle-Zélande) par Benjamin Legrand



Joe Middleton est homme de ménage au commissariat central de la ville de Christchurch en Nouvelle-Zélande. Menus travaux, balai et chiffon à poussière constituent son quotidien du lundi au vendredi, de 9 heures à 17 heures. Et aussi se tenir bien au fait des progrès réalisés sur les enquêtes en cours. Un criminel en particulier le passionne : le boucher de Christchurch, un affreux violeur et tueur à qui les policiers attribuent le meurtre sauvage de pas moins de sept femmes. Intriguant, pour Joe. Il est plutôt bien au courant que l'une d'entre elles n'est pas le fait du boucher, puisque c'est lui, le boucher. Dès lors, trouver son plagiaire va devenir presque aussi récréatif que de s'amuser avec sa prochaine victime. Presque. C'est sans compter sur un destin facétieux qui fera levier sur Joe grâce à trois femmes hors du commun : Sally, qui travaille avec lui au commissariat ; la propre mère du tueur, qui lui donnerait presque une excuse pour être... ce qu'il est ; et enfin Mélissa. Ah ! Mélissa... Une rencontre comme on n'en fait pas souvent...

Je sais, ça fait beaucoup de petits points pour une même phrase. Mais ça mérite bien ça. Messieurs qui me lisez, avis aux amateurs : la page 219 pourra commencer à vous faire peur, mais la 222 nuira à coup sûr à la sécheresse de vos sous-vêtements. Que je sache, oncques ne vit-on une telle punition décrite pour un violeur en série. Ca fait plaisir aux petits castors de voir que l'un d'entre eux s'en prend plein la tronche, pour une fois, à la place d'une de ses victimes. Rajoutons-en une couche : il en arrive à se faire prendre de la manière la plus réjouissante qui soit, en sous-estimant la mauvaise personne.

Je n'en dis pas plus ! Il ne faut pas déflorer le plaisir provoqué par ce polar qui réussit le tour de force de renouveler le genre "tueur en série" de manière magistrale. Et comme c'est le premier ouvrage publié par l'auteur, on avoue un vif intérêt pour la suite. Enfin, déjà, en ce qui concerne celui-ci : chapeau ! Un vrai tourne-page dont on a du mal à s'arracher. Ironie mordante, fascination horrifiée, entre le rythme haletant, les péripéties et les retournements de situation. Un investissement modique à réaliser pour trois bonnes heures de lecture adrénalinesque. Lancez-vous, il fait moche sur le Finistère en ce moment pour encore au moins deux mois, vous aurez quelques après-midi à meubler d'ici le printemps.

Marion Godefroid-Richert

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