Impures

Martina COLE

Fayard, 2012
Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Marie Ploux



Patrick Kelly, un parrain londonien et sa compagne, Kate Burrows, inspectrice chevronnée du Yard, se sont retirés de leurs mondes respectifs par respect l'un pour l'autre. Mais deux univers aussi violents et accaparants ne peuvent se laisser mettre à distance sans revenir tenter sournoisement de récupérer leurs rejetons. Une série de meurtres atroces de prostituées font refaire surface à Kate dans l'investigation criminelle et obligent Patrick à se remettre en question. L'amour que ces deux-là se portent réussira-t-il à triompher sous toute cette noirceur ?

C'est promis, j'arrête. Ca fait deux fois en moins de six mois que je me fais avoir par le même scénario. Un quatrième de couverture bien fait (les curieux noteront qu'il m'a été laborieux de réussir à refaire un résumé qui ne soit pas un copier-coller de celui de l'éditeur), une maison d'édition ayant pignon sur rue, et puis le fait qu'il s'agisse d'un troisième opus d'une série ayant l'air d'avoir du succès (le nom de l'auteur avait une vague familiarité à mon oreille). Las ! Trois fois hélas. C'est illisible, et je pèse mes mots. Les premières pages m'ont tour à tour rendue muette de stupéfaction, puis lassée, agacée, et finalement exaspérée. Si on n'achoppe pas sur une présentation sommaire des personnages, l'accumulation de clichés machistes entre autres et la narration catalogue ont tôt fait d'écoeurer l'amateur de polar averti, et le non averti itou. Compte tenu du fait que c'est un service de presse, et qu'en plus, mea culpa maxima, je l'avais sollicité, j'ai tenté de me forcer à ingurgiter ce pensum. Je jette l'éponge. Au bout de trois tentatives, où j'ai essayé diverses techniques de lecture, l'impression générée est de se retrouver dans un avatar de télé-réalité américaine où un pauvre clampin de base se force à réussir un défi idiot, du genre "réussissez à finir ce pavé en moins de trois heures m'sieurs-dames et la maison vous offre un marque-page à votre effigie ainsi qu'une réduction à valoir sur le prochain Dan Brown". C'est une catastrophe, en fait. Je ne comprends pas qu'on puisse publier ça. Et la consternation que j'éprouve vient en grande partie des horreurs égrenées sur les quarante premières pages que j'ai réussi à ingurgiter. Le fait qu'elles soient dites par une femme, je vous rassure, ne tempère en rien leur côté sommaire, car ne contiennent pas une once d'ironie. Croyez-moi, j'ai fouillé pour y découvrir l'angle sous lequel je pourrais débusquer la critique implicite, ou bien un minimum de mise à distance. Et bien que celui qui y arrive m'écrive sur le site par retour de courrier : je m'engage à un mois de massage de pieds gratuit. Elle est quand même capable, la bougresse (je parle de l'auteur), d'expliquer qu'il est normal qu'une femme se fasse larguer et/ou tromper à partir de quarante balais, compte-tenu du rattrapage inévitable de la pesanteur sur son pauvre physique de femelle mammifère. Et qu'il est tout à fait logique que les hommes moches, mais ayant du pouvoir et des moyens financiers, sautent (par voie de conséquence) sur tout ce qui bouge. Un tout petit exemple, p. 47 : "(...) aujourd'hui, elle paraissait son âge. Bien sûr, Patrick n'était pas un perdreau de l'année, mais pour les hommes, ce n'est pas pareil ; avec son fric et sa réputation, il faisait craquer les jeunes comme les moins jeunes."

Comme ça fait le fond de soupe de tout le premier chapitre, décliné sur tous les tons et par toutes les ficelles, veuillez me pardonner mais je fais l'impasse sur les vingt-trois qui restent. Je pense à mettre en place par contre un palmarès des pires bouquins lus par l'association MGRB, celui-ci est dans mon top ten de cette année. A oublier, berk berk berk.

Marion Godefroid-Richert

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