L'Apparence de la chair

Gilles CAILLOT

Toucan, 2012



Dans la veine du torture porn pol (polar à base de psycho killer vraiment dégueulasse, tant le lecteur moderne ne se satisfait plus du dessoudage à l'ancienne au 22 ou au bas nylon !), nous nous intéressons ici aux exploits du "tanneur", psycho killer vraiment dégueulasse donc, qui écorche vives ses victimes féminines afin d'en revêtir la suivante de la peau de la précédente. Et là, vous me dites : quid de la victime une ? (bande de petits tatillons !) et je réponds avec aisance qu'il faut bien commencer quelque part ! et je ne résiste pas à vous donner mon point de vue personnel, à savoir que : lorsque le tanneur écorche la première, il a dans l'idée de se faire un petit porte-monnaie, mais comme il lui reste des chutes, il en habille la seconde victime, et de fil en aiguille si j'ose dire, trouve l'idée sympathique ! d'autant plus que l'histoire se déroule à Lyon, patrie de la rosette. CQFD !

Eh là ! vous me dites, mais qu'elle est cette idée fantasque dans cette pauvre tête malade ? quel est le message ? que veut-il nous dire ? qu'il est mal dans sa peau ? ou est-ce un défi subliminal vers Angela Merkel pour lui signifier : OK on ne sait peut-être pas faire de belles bagnoles (tant qu'y aura des Renault y'aura des mécanos !) mais question maroquinerie cousue main on ne craint personne, et toc !

Bon, je crains de m'être un peu égarée. L'histoire commence avec la reprise d'activité du tanneur qui se remet à tanner après quinze ans d'inactivité, son dernier coup d'éclat étant d'avoir kidnappé une policière et sa fille. La policière s'en est tirée mais le monstre a disparu avec la fillette. Dès lors Sylvie l'inspectrice vit un cauchemar éveillé, essayant sans relâche malgré la réticence de son psy zarbi de revivre par l'hypnose cet épisode traumatique, cherchant désespérément l'indice qui la mettra sur les traces du tueur et donc de sa fille, si tant est qu'il l'ait épargnée ! Malgré son instabilité, Sylvie arrive à s'imposer sur l'enquête aidée par Paul, un ancien collègue et amant pour enfin attraper la bête avant le prochain équarrissage si possible.

Bon, voilà pour le pitch. Vous me direz : bof, classique ! Sauf que non, puisque nous sont proposés plusieurs niveaux de lecture dans la psyché complexe de l'héroïne : la réalité de l'enquête, les voyages en hypnose, les cauchemars où Sylvie se rêve tour a tour en mère maltraitante ou en victime clouée dans le lit d'un hôpital étrange, le tout menant vers un twist à la Shutter Island.

Roublard et pas mal foutu ! J'ai a peu près tout compris, c'est dire ! Et finalement, ce n'est pas un torture porn pol. Tant mieux, sinon on se demande ce que ce diable de Caillot pourrait encore inventer la prochaine fois !

Gaëlle

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