Antonin 1937

Olivier BERLION, Jérôme FÉLIX, GALANDON, Damien MARIE

Bamboo, 2012
La Lignée, T. 1



Pas marrant d'appartenir à une famille dans laquelle les aînés passent tous l'arme à gauche à l'âge de trente-trois ans. Antonin, à une année de la date en question, largue femme visiblement pas très rigolote (mais bon, Antonin papillonne quelque peu en ville...) et milieu bourgeois pour filer le train à sa copine en direction de la guerre d'Espagne.

Soyons clairs, je n'ai pas aimé ce premier album d'une tétralogie qui en elle même constitue un tour de force : associer quatre scénaristes travaillant sur tous les albums et quatre dessinateurs qui, eux, ne bossent que sur un seul. Oui mais voilà, la présentation de la guerre d'Espagne me semble caricaturale : genre les bons d'un côté, les républicains, les salauds de l'autre, les nationalistes. C'est partiellement vrai, mais c'est aussi oublier la tiédeur de la réaction de Staline, qui, sous prétexte de soutenir les républicains, en profite pour nettoyer les Brigades internationales de tous les éléments opposés, comprendre non-staliniens, et des anarchistes : on trouvera des éléments sur ce sujet dans Hommage a la Catalogne de George Orwell mais aussi dans Land and Freedom de Ken Loach. L'image d'Epinal esquissée par cet album en prend un sérieux coup ! Il reste le courage des Brigades internationales dont les membres viennent de toute l'Europe combattre les nationalistes avec leur cri de ralliement : No pasaran !

Je n'aime guère non plus le dessin : des visages et expressions simples et dénués de détails. De gros traits noirs soulignent mais aussi alourdissent l'ensemble.

En tant que Brestois, nous attendons avec beaucoup d'impatience le deuxième tome qui décrira notre Brest chérie en 1954, juste après la guerre et ses bombardements : une période que les habitants de cette ville martyre n'oublient pas.

Marc Suquet

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