L'Oeil de la lune

ANONYME

Livre de poche, 2012
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Diniz Galhos



Depuis le passage du Bourbon Kid, quelques mois plus tôt, Santa Mondega n'a pas vraiment gagné en paix civile ni en fréquentabilité. Le tueur sauvage a beau avoir liquidé bon nombre des suceurs de sang qui s'y vautrent, d'autres ont pris la relève, les loups-garous prospèrent, et Sanchez, le patron du bar le plus miteux de la ville, continue de servir de la pisse à ses clients. Jusqu'aux policiers qui s'avèrent être pires que les malfrats qu'ils pourchassent. Mais la gemme la plus précieuse du monde, l'Oeil de la lune et son porteur, le jeune moine d'Hubal, Peto, sont toujours dans la nature. Et maintenant son propriétaire légitime revenu du royaume des morts grâce à l'exécution d'une ancienne malédiction s'en vient à Santa Mondega pour la récupérer ainsi que le pouvoir qu'elle lui conférera à nouveau. Le Bourbon Kid va-t-il peut-être trouver adversaire à sa taille, enfin ?

Plus ça va, plus c'est n'importe quoi. Et pourtant la barre avait été mise très haut lors du premier opus, Le Livre sans nom. Là, on a droit aux agents fédéraux infiltrés chez les créatures du mal, qui ont-elles mêmes pris place chez les flics, la résurrection d'une momie, l'intervention du Saint Graal, le sacrifice d'une jeune vierge à minuit, une vilaine marâtre à côté de laquelle la belle-mère de Cendrillon fait figure de soeur Emmanuelle, un livre mortel style Death Note et des vengeances jurées sur des cadavres fumants de chers disparus. Ah oui, n'oublions pas le grand amour perdu de l'adolescente esseulée qui attend chaque année au même endroit son chéri disparu... Du n'importe quoi, on vous dit ! C'est inracontable, on voit encore mieux comment ça donnerait tourné par les Wild Bunch Compadre, et on s'amuse beaucoup. Le rythme de croisière est pris, un certain nombre de libertés scénaristiques s'entremêlent sur les ruines fumantes de la narration éclatée. En bref c'est à lire sans prendre quoi que ce soit au sérieux. C'est comme ça que se forgent les légendes littéraires. Miam !

Marion Godefroid-Richert

partager sur facebook :