Bird

Marc VILLARD

Joëlle Losfeld, 2008



"Un type qui intitule ses recueils Un jour, je serai latin lover, Bonjour, je suis ton nouvel ami, ou Elles sont folles de mon corps, ce type mérite le respect." (Télérama)


Cécile, orpheline de mère, a été élevée par sa grand-mère et par François, son père, un musicien de jazz qui avait du mal à trouver du boulot et devait partir souvent en province pour de petits cachets... Elle a quatorze ans quand sa grand-mère lui annonce que son père est mort en Espagne et qu'il a fallu l'enterrer sur place. L'adolescente de banlieue qui suivait une scolarité normale va bientôt plonger dans la drogue, "cassée par la mort de son vieux". Elle va effectuer de petits boulots pour se payer ses doses. Elle ira même jusqu'à se prostituer...

Cécile a à présent vingt-cinq ans et est clean depuis six mois. Depuis que sa grand-mère lui a enfin dit la vérité avant de mourir : son père n'est pas mort. Il est sans abri depuis une dizaine d'années et zone à Paris. Bien décidée à reprendre l'histoire de sa vie là où elle s'était arrêtée, Cécile a rejoint le Samu social de Paris. Elle a bon espoir que ses maraudes nocturnes dans l'univers des exclus lui permettront de retrouver son père qu'à présent on appelle Bird...

C'est ainsi que commence Bird, novella d'une centaine de pages que j'ai ramenée de Lamballe - avec quelques autres bons bouquins - à l'occasion du dernier Noir sur la ville. Alors, Cécile va-t-elle retrouver son père ? Eh bien oui ! On peut donc parler de happy end ? Pas si vite... Ceux qui connaissent Marc Villard savent que les happy ends, ce n'est pas trop son truc. Il écrit du noir. D'aucuns disent "du noir méchant". Bird ne faillit pas à la tradition. C'est un récit sombre, noir, sans concession, impitoyable. C'est un regard sur le Paris nocturne, mais pas le "Gai Paris" cher aux touristes. Le Paris de Marc Villard est celui des malchanceux, écrasés par la vie, celui des grands clochards, des exclus. Bienvenue donc dans "ces lieux de douleur" où l'on peut également croiser des violents, des camés, des ripoux...

Intrigue au cordeau, personnages forts, abondantes références musicales, humour grinçant... il y a tout cela dans cette nouvelle à l'atmosphère poisseuse. Quant au style... Ah ! le style de Marc Villard !... Est-il besoin de rappeler qu'il est "un auteur qui compte", un des meilleurs nouvellistes français contemporains ? Un plaisir de lecture... Du grand Marc Villard, une fois de plus !

Roque Le Gall

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