Minus

RICA

Drugstore, 2012



Minus est un vrai branleur : fait pas grand-chose dans son boulot mais par contre l'est titillé par sa bistouquette, le gars, là ! Toutes les filles au taf sont des proies. Sauf Virginie : celle-là, elle a un ticket pour Minus. Mais lui a un peu peur que le ticket se transforme en gentille vie de famille, avec enfants et pavillon de banlieue inclus !

Ca démarre cru : on a rarement en BD des scènes de branlette. Et question sexe, Minus, c'est plutôt l'obsédé : le gars à mater toutes les nanas dans le bus, à se faire toutes ses collègues de boulot et à utiliser la photocopieuse de façon assez peu conventionnelle. C'est en même temps un gros con, capable de se faire Jeanne pour compléter son tableau de chasse, sans être capable de l'appeler autrement que Crétinette. Ou encore, ignorant tellement ses collègues qu'après deux ans passés en leur compagnie, il est totalement incapable de se souvenir de leurs prénoms. Y a-t-il autre chose dans la vie de Minus que son nombril et la satisfaction de sa libido ? Son entourage, il s'en fiche un peu, sauf de la plastique féminine. Le personnage n'est bien sûr guère attirant, mais pas non plus très intéressant.

Le dessin en noir et blanc accroît la lourdeur de l'ambiance et la descente de Minus vers le cocktail infernal sexe et alcool. Une impression assez mitigée donc : la description très intimiste d'une personnalité insupportable mais en même temps le peu d'intérêt pour ce genre d'artiste. Mais je n'avais guère aimé non plus E dans l'eau du même auteur.

Marc Suquet

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